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Une génétique adaptée au management moderne

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Avec l’avènement de la génomique, les éleveurs managers de grands troupeaux se voient aujourd’hui proposer une offre génétique plus adaptée à leurs besoins.

A la recherche de vaches productives et durables, les éleveurs gestionnaires de troupeaux raisonnent avant tout “groupe”. Moins attachés à l’individu, ils cherchent à produire un cheptel équilibré et homogène, ce qui évite au quotidien les phénomènes de compétition à l’auge ou au robot.

Priorité aux qualités fonctionnelles

Outre la production laitière, les éleveurs managers de grands troupeaux donnent la priorité aux caractères économiques, tels que la santé, la fertilité, la qualité des mamelles. Les troupeaux ayant tendance à être logés en stabulations “logettes/caillebotis”, la sélection prend également en compte la qualité des membres, qui doivent être solides, pour que leurs animaux puissent se déplacer sans souci sur des sols durs. L’amélioration du critère Facilité de Naissance est aussi incontournable. Elle a un impact positif sur les frais d’élevage (soins réduits, démarrage lactation facilité…) et sur la surveillance.

Une offre génétique répondant à des objectifs ciblés

Pour répondre à la demande de plus en plus pointue des grands troupeaux, l’offre génétique des Entreprises de Sélection a évolué ces dernières années. C’est le cas chez Gènes Diffusion avec notamment la mise en place d’une gamme Packs permettant d’améliorer le progrès génétique de façon ciblée sur plusieurs objectifs (lait, taux, santé…). Le dernier pack en date proposé par l’entreprise de sélection est le pack Robot. Prenant en compte le rendement laitier, la vitesse de traite, la santé et l’équilibre de la mamelle ainsi que la qualité des membres, il reçoit depuis son lancement un accueil très favorable des éleveurs en traite robotisée.

L’outil informatique pour optimiser les accouplements 

La problématique du progrès génétique adapté aux grands troupeaux ne se réduit pas à l’offre disponible. En effet, face à l’élargissement des gammes, il est devenu difficile de suivre les origines et le profil génétique de chaque taureau, et d’exploiter au mieux leur potentiel génétique sur les femelles du troupeau. Pour réussir leur stratégie d’accouplement, les éleveurs peuvent bénéficier auprès de certains opérateurs d’un plan d’accouplement informatisé, permettant d’intégrer les données fonctionnelles (cellules, fertilité…), mais aussi la consanguinité et les tares génétiques, en remontant sur plusieurs générations. Il leur est ainsi possible d’intégrer les nouveautés génétiques qui leur sont proposées au fil de la campagne, tout en restant en cohérence avec leurs objectifs de sélection.

Le troupeau laitier du GAEC Mainnemarre est logé dans une nouvelle stabulation équipée de caillebotis, logettes avec tapis recouverts d’anas de lin.

GAEC Mainnemarre : A la recherche de la vache la plus autonome et durable possible

Adrien Mainnemarre (à droite) et son technicien génétique. Ce dernier évalue les besoins de l’éleveur pour être en phase avec ses objectifs.

A la tête d’un troupeau de 190 vaches laitières, les 5 associés du GAEC Mainnemarre basé à Bouvaincourt- sur-Bresle (80) ont construit, il y a deux ans, une nouvelle stabulation logettes/caillebotis/tapis équipée de trois robots de traite et ce, suite aux installations d’Adrien et Alexandre Mainnemarre respectivement en 2009 et 2011. “En passant d’un bâtiment paillé à un bâtiment logettes/caillebotis, outre la maladie de Mortellaro présente dans le système initial, nous observons d’autres blessures à cause des caillebotis, telles que l’ouverture de la ligne blanche et l’ulcère de la sole se compliquant par une cerise, ainsi que des gros jarrets dus aux logettes”, constate Adrien Mainnemarre. Afin que les vaches s’adaptent au mieux à leur nouvel environnement, les membres du GAEC se sont fixés comme objectif de sélection la qualité des membres/ santé du pied, l’implantation des trayons mais aussi le niveau cellulaire. Le troupeau étant issu principalement de trois élevages différents, ils ont également pour volonté de standardiser le format. “Nous recherchons une vache typée logette avec une bonne largeur de poitrine et de bons aplombs pour éviter les phénomènes de compétition au robot par exemple. Elle doit être la plus autonome et durable possible”, explique-t-il. Pour ce faire, “nous avons fait le choix d’inséminer le troupeau avec un tiers de taureaux confirmés (gamme Séniors dont la fiabilité est optimale), un tiers de jeunes taureaux génomiques de la gamme Premium (les meilleurs de leur génération) et le tiers restant avec la gamme GD Packs, notamment le Pack Robot qui répond bien à la configuration de notre l’élevage. Le Pack a la particularité d’être avantageux économiquement”, met en avant le jeune éleveur. Pour apporter de la variabilité génétique, le GAEC Mainnemarre utilise un maximum de taureaux dans les accouplements réalisés à l’aide du logiciel d’accouplement informatisé mis au point par Gènes Diffusion. “Le logiciel permet d’améliorer le niveau génétique dans l’ensemble des critères. Aucun critère n’est mis de côté”, souligne Adrien Mainnemarre. Sans compter que l’outil intègre dans les accouplements la généalogie de l’animal pour optimiser la gestion de la consanguinité et des tares génétiques. A noter que, sur génisses, la 1ère voire la 2ème insémination est réalisée avec de la semence sexée afin d’assurer le renouvellement du troupeau dont le taux de réforme reste important du fait de son récent développement.

Gaec Mainnemarre

  • 5 associés
  • 190 vaches laitières.
  • 9500 kg de lait / vache.
  • TB de 32,5 g/kg, TP de 41 g/kg et moins de 220 000 cellules par ml.
  • IVV de 410 jours.
  • Âge moyen au 1er vêlage : 26,7 mois.
  • 500 ha de SAU dont 135 ha de fourrages.
Photo Couv 2

“Accompagner les éleveurs dans leurs objectifs de performance” 

“La génétique Gènes Diffusion est adaptée aux grands troupeaux par son sourcing, mais aussi du fait des orientations prises dans le cadre du programme holstein, notamment avec l’évaluation génomique Santé du Pied”, témoigne Frédéric Lepoint, responsable du programme holstein de Gènes Diffusion.

Pouvez-vous nous dire en quoi le sourcing génétique effectué par Gènes Diffusion est adapté aux utilisateurs que sont les grands troupeaux français ?

Frédéric Lepoint, responsable du programme holstein de Gènes Diffusion.
Frédéric Lepoint, responsable du programme
holstein de Gènes Diffusion.

La génétique Gènes Diffusion est par nature adaptée aux élevages de grande taille puisque nous recrutons une partie de notre génétique dans les troupeaux nord-américains qui bénéficient de conditions de management moderne (troupeau de grande taille et animaux sélectionnés pour la durabilité et la production à vie). Le recrutement s’effectue également en Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, et surtout France), là où l’on trouve des conditions d’élevage très variées (traite robotisée, troupeaux conventionnels avec pâturages….).

Votre programme holstein assure son développement grâce aux nouvelles technologies, notamment la génomique. Comment cette dernière se matérialise-telle au niveau de votre offre génétique ?

Avec ses gammes GD Premium et GD Packs, Gènes Diffusion a été la première entreprise de sélection à faire bénéficier aux éleveurs de la génomique, et ce dès 2009. Ayant la possibilité de s’appuyer sur la gamme GD Packs dont l’ISU moyen est supérieur à 180 points, les éleveurs sont aujourd’hui maîtres de l’orientation, qu’ils souhaitent donner à leur troupeau. Qu’ils aient pour volonté de développer de manière équilibrée les performances de leur troupeau (pack équilibre), de produire des vaches fonctionnelles, rentables en bonne santé (pack santé) ou spécialement adaptées à la traite robotisée (pack robot) ou encore d’améliorer d’autres critères particuliers (diversité, lait, taux)… les producteurs de lait bénéficient avec les packs d’un concept économiquement et génétiquement adapté à leur système d’élevage.

Sur quel autre point l’offre Gènes Diffusion se différencie-t-elle ?

Au vu de l’évolution des conditions d’hébergement avec l’installation de systèmes logettes/caillebotis et de robots de traite, Gènes Diffusion a développé en 2014 une évaluation génomique sur les aspects “Santé du Pied”. Toujours avec la volonté d’accompagner les éleveurs dans leurs objectifs de performance, un nouvel index de synthèse appelé GD Merit a été également établi pour intégrer les deux prédicteurs Santé du Pied.

Quel accueil les éleveurs ont-ils réservé à cette évaluation Santé du Pied ?

D’après une étude conduite cette année dans des élevages de 120 vaches laitières en moyenne, 60% des éleveurs sondés estiment que l’évaluation Santé du Pied pourrait faire partie de leurs critères de sélection. Cela conforte bien le choix de l’Entreprise de Sélection Gènes Diffusion qui a décidé d’accorder davantage de poids aux caractères ayant un impact économique.

Quelles sont les autres pistes de différenciation à exploiter ?

Si la sortie des prédicteurs génomiques Santé du Pied donne la possibilité aux éleveurs de sélectionner ce critère pour faire vieillir davantage leurs vaches, on peut imaginer par exemple que demain, des données relatives à l’efficacité alimentaire ou à la santé des bovins (problèmes métaboliques) puissent les aider à optimiser leur système.

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