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La recherche de la performance économique dans le moindre détail

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Pour Gilles Rubeaux, éleveur dans le Morbihan, la performance économique est à rechercher dans le moindre détail technique que ce soit pour produire plus de chiffres d’affaires ou réduire les charges.

« Pour améliorer mes résultats économiques, je travaille trois axes techniques : le coût alimentaire, bien sûr, mais également la productivité de l’ensemble de mon atelier laitier ainsi que l’élevage des génisses » commente Gilles Rubeaux, l’un des deux associés du Gaec RBX Holstein, à Ruffiac dans le Morbihan, pour expliquer ses objectifs et ses bons résultats économiques.

Les ventes des réformes, de génisses, de vaches en lait et de veaux mâles pèsent 18 % des produits de l’atelier laitier et apportent 69 € / 1000 litres de chiffre d’affaires. Les vaches de réforme sont finies à l’herbe et complémentées avec 1 kg d’orge par vache. « Le poids moyen des carcasses est de 380 kg que nous valorisons 2,75 € le kilo » illustre l’éleveur. Pour augmenter le revenu issu de la vente de veaux, autour de 20 % des vaches sont inséminées avec des taureaux de race Blanc Bleu Belge. L’objectif est également de diminuer la mortalité des veaux, en particulier dans les premières heures de vie. Pour ce faire, des détecteurs de vêlage ont été achetés ce mois de juin. L’éleveur compte également sur la vente de génisses et de vaches en lait. « Nous mettons des semences sexées sur les génisses et, également, sur les bonnes productrices, si bien que nous élevons chaque année de 45 à 50 génisses (ndlr : pour un troupeau de 80 vaches)» explique Gilles Rubeaux. Environ la moitié d’entre elles assure le remplacement des réformes. Les autres sont soit vendues, soit remplacent des vaches vendues en lait. « Nous vendons ces animaux autour de 1200 € » précise l’éleveur. Avec ce prix de vente, il faut serrer les coûts d’élevage tout en assurant de la croissance pour les faire vêler à 25,5 mois en moyenne. Les veaux sont élevés au lait entier enrichi avec de l’aliment d’allaitement, en un seul repas dès la fin de la phase colostrale. Le concentré distribué est fermier, composé de 35 % de maïs sec, 35 % de triticale et 30 % de soja tanné. Les veaux sont sevrés à 10 semaines, lorsqu’ils sont capables de consommer 2 kg de ce concentré par jour. Après le sevrage, les génisses passent la moitié de leur vie à l’herbe avec un complément quotidien de 1 kg de céréales ainsi que du foin. « Pour faire de la croissance, il faut leur donner de l’herbe de qualité » insiste l’éleveur. Au Gaec RBX Holstein, elles disposent de prairies temporaires de type mélange suisse.

Gaec RBX Holstein à Ruffiac (56)

  • 2 associés, Gilles Rubeaux et Paul Houeix et une salariée, épouse de monsieur Rubeaux.
  • 80 vaches laitières pour produire un objectif de 700 000 litres de lait.
  • 30 kg de lait / VL / j en moyenne.
  • TP de 34 g/l et TB de 43 g/l avec un niveau cellulaire entre 150 et 200 000 cellules.
  • IVV autour de 380 jours (à vérifier).
  • Cultures déléguées sauf le semi du maïs car le désherbage de rattrapage se fait par binage.

67 € / 1000 litres de coût alimentaire

Le coût alimentaire calculé par le Cerfrance Brocéliande est de 67 € / 1000 litres . C’est essentiellement le pâturage pendant 300 jours par an (du 15 février au 15 décembre) qui permet d’atteindre cette performance économique. 40 ha de surface sont accessibles aux vaches. Les prairies, des mélanges multi-espèces, ne reçoivent que 50 unités d’azote après le déprimage sous forme de lisier très dilué. Elles sont organisées en 18 paddocks d’une surface de 1,5 à 2 ha chacun regroupés en 5 blocs. La surface à pâturer est limitée par un fil avant déplacé pour le pâturage de jour puis pour celui de la nuit. La mise sous et hors tension des clôtures électriques de chacun des blocs est télécommandée. « La télécommande ainsi que le quad apportent vraiment du confort de travail pendant la saison de pâturage » se félicite Gilles Rubeaux. Les silos sont ouverts dès le début des vêlages dont une grande partie sont concentrés sur la période de juin à décembre.

La ration hivernale, distribuée deux mois l’année, est composée de 14 kg MS de maïs ensilage, de 2 kg MS d’enrubannage de luzerne et de 3 kg MS d’ensilage d’herbe. Au-delà de 28 kg de lait, les vaches reçoivent une complémentation individuelle limitée à 4 kg par jour, correcteurs et concentrés de production confondus. « Je n’accompagne pas les pics de lactation car je ne veux pas de vaches à plus de 50 kg trop difficiles à gérer » justifie l’éleveur.

Les 18 paddocks de pâturage sont organisés en 5 blocs. La mise sous et hors tension des clôtures électriques de chacun des blocs est facilitée par un tableau de commande (ici, le bloc 3 est hors tension) et une télécommande.

Le Gaec cultive 30 ha de maïs fourrage dont une partie est récoltée en grains en fonction des rendements fourragers. Cette année, le rendement moyen de 18 tonnes de matière sèche a permis d’en battre 10 ha. Les fourrages sont produits en réduisant les charges sans pénaliser la productivité. Les travaux de culture et de récolte sont presque entièrement délégués sauf le semis du maïs et le binage. Au Gaec RBX Holstein, les coûts de délégation du travail (63 € / 1000 litres) dépassent les coûts de mécanisation (50 € / 1000 litres). La bonne gestion des fumiers et lisier ainsi que la rotation incluant des mélanges graminée- légumineuses permettent de se passer d’engrais minéraux sur les cultures fourragères. Le désherbage chimique est limité à 30 € / ha sur le maïs fourrage car ce dernier est biné en rattrapage. « On bine 2,5 ha à l’heure, nous y consacrons donc une grosse journée. C’est un travail méticuleux car il faut conduire droit au semis et au binage. C’est pour cela que nous ne souhaitons pas déléguer ces deux opérations » avertit l’éleveur.

L’attention portée aux moindres détails techniques contribue à maintenir un prix d’équilibre à 295 € / 1000 litres. Ce qui permettra d’investir pour rendre les conditions de travail plus durables : libérer des week-ends et réduire le temps de traite. « Aujourd’hui, notre point faible, c’est la vétusté de la salle de traite. Chacune des deux traites prend entre 1h30 et 1h45. Nous souhaitons descendre en-dessous de 1h15 » conclue Gilles Rubeaux.

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