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« Plus de problèmes respiratoires avec notre nouvelle nurserie »

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A l’été 2016, les éleveurs du Gaec de Vains dans le Cotentin ont mis en route une nouvelle nurserie équipée d’une ventilation dynamique par dépression. Retour d’expérience après une année d’exploitation.

« La nurserie était le dernier investissement à réaliser pour moderniser notre élevage laitier. Auparavant, les veaux étaient élevés dans de vieux bâtiments, sombres, humides et trop exigus où ils souffraient de problèmes respiratoires et de diarrhées » explique Marlène Marion dans sa nurserie construite en été 2016. Associée en Gaec dans le Cotentin avec son père Bruno Martin, le Gaec de Vains, elle élève 110 laitières, 70 allaitantes et engraissent tous les mâles issus de ces deux productions. Toutes les génisses laitières sont gardées. « Avec la traite au robot, nous déplorons beaucoup de réformes à cause de génisses qui ne se laissent pas brancher ou de mamelle inadaptée » justifie Marlène Marion. » « En gardant tous les veaux laitiers mâles et femelles en nurserie jusqu’à 5 / 6 mois d’âge, il nous faut une soixantaine de places. » Les deux associés ont préféré investir dans une nurserie plutôt que dans des niches à veaux. « Les niches constituent un bon logement pour les veaux, mais ce n’est ni agréable, ni confortable de travailler dehors, l’hiver. De plus, les étourneaux sont un véritable fléau dans la région : ils s’alimentent dans les seaux des veaux et on retrouve des fientes partout » argumente Bruno Martin.

Gaec de Vains à Picauville, (Manche)

  • 2 associés, Bruno Martin et Marlène Marion, plus 1 salarié.
  • 110 vaches Prim’Holstein pour une livraison de 1 190 000 litres.
  • TP de 34,2 g / litre et TB de 41 g / litre.
  • 70 vaches allaitantes.
  • Engraissement de tous les veaux mâles laitiers et allaitants.
  • 210 ha de SAU dont 100 ha de cultures de vente.
La nurserie est composée de deux bâtiments bi-pentes accolés au niveau du couloir central d’alimentation.

60 places de nurserie

La nurserie est composée de deux bâtiments bi-pentes accolés au niveau du couloir central d’alimentation avec d’un côté, les veaux avant le sevrage (1) et de l’autre côté, les veaux en post-sevrage jusqu’à 5-6 mois d’âge. Le bâtiment mesure 22 mètres de long sur 18 mètres de large. Il est aménagé en 6 cases collectives de 10 places chacune, 3 cases de part et d’autre du couloir central d’alimentation.  Chaque case est profonde de 5,70 mètres, répartis entre une aire paillée de 5,20 mètres et un trottoir de 1,5 mètre. Pour l’éleveuse, « la dimension des cases permet de ne loger que 8 veaux lorsqu’ils ont 4 à 6 mois d’âge mais difficilement les 10 prévus ». Dès l’âge de 2 jours, après l’alimentation au colostrum, les veaux sont élevés en case collective et nourris avec un distributeur automatique de lait (DAL). « Pour son confort de travail, mon père a toujours démarré les veaux ainsi. Mais, à l’usage, ce n’est pas satisfaisant pour la santé du veau et j’ai le projet de les démarrer jusqu’à 15 jours, au moins, en cases individuelles ou en niches à veaux » constate Marlène Marion.

Les veaux de plus de 15 jours sont dans leur zone de confort avec des températures comprises entre 5°C et 25 °C. Par contre, ils supportent difficilement les variations importantes et brutales de température ressenties, l’humidité et les courants d’air. Pour le confort du veau, la nurserie doit donc être isolée et ventilée pour évacuer la vapeur d’eau produite par les veaux et les litières ainsi que l’air vicié.

Le bâtiment est équipé d’une ventilation dynamique par dépression de marque Orela ®. L’air est évacué par 4 cheminées d’extraction, une tous les 8 mètres. Le renouvellement de l’air se fait par huit trappes (4 sur chaque long pan) munies de déflecteurs qui dirigent l’air au plafond. La puissance de fonctionnement des quatre extracteurs et l’angle d’ouverture des trappes sont asservis automatiquement à la température intérieure du bâtiment.

Ventilation dynamique

Au Gaec de Vains, la toiture de la nurserie en bac acier a été isolée avec une mousse de polyuréthane. Selon le constructeur, dans ce bâtiment d’une portée de 22 mètres, une ventilation statique n’aurait pas fonctionné de façon satisfaisante sans courant d’air. La nurserie a donc été équipée d’une ventilation dynamique par dépression de marque Orela ®. L’air est évacué du bâtiment par 4 cheminées d’extraction, une tous les 8 mètres. Le renouvellement de l’air se fait par huit trappes (4 sur chaque long pan) munies de déflecteurs qui dirigent l’air au plafond. Les pannes de charpente sont cachées sous l’isolant et les néons ont été placés sous les fermes pour qu’aucun obstacle ne freine la circulation de l’air (voir les photos du bâtiment). « Chez Orela, et c’est notre particularité, l’ouverture de ces trappes est motorisée et liée au débit des extracteurs pour maintenir une vitesse de l’air constante au sein du bâtiment » décrit Jean-Marc Cazée, chef de produits de la marque. « En ce qui concerne leur nombre, jusqu’à quatorze mètres de portée, une seule rangée de trappes suffit. Pour des portées plus larges, comme c’est le cas au Gaec de Vains, deux rangées de trappes doivent être installées » poursuit le spécialiste.  La puissance de fonctionnement des quatre extracteurs et l’angle d’ouverture des trappes sont asservis automatiquement à la température intérieure du bâtiment. Au Gaec de Vains, en dessous de 14°C, l’installation tourne à 30 % de sa capacité et au-delà, la puissance monte progressivement pour atteindre 90 % de sa capacité à 20 °C.

Les éleveurs ont investi environ 95 000 € dans cette nouvelle nurserie avec beaucoup d’autoconstruction : la maçonnerie, l’implantation des tubulaires et des équipements de ventilation (la mise en route a été réalisée par le concessionnaire LVES de Carentan), l’installation des bardages à l’exception des portes motorisées. « Dans ce nouveau bâtiment, nous avons une bonne ambiance sans odeur d’air vicié. Depuis la mise en route il y a un an, je n’ai soigné que 3 veaux pour des problèmes respiratoires (2) » se satisfait Marlène Marion. Cependant, elle déplore que les portes motorisées en bâche pleine translucide ne soient pas assez étanches : « les vents d’est créent alors de petits courants d’air à l’intérieur et perturbent le flux de ventilation ». Pour résoudre ce problème, l’installateur propose d’ajouter des brosses en haut des portes pour rendre le bâtiment plus hermétique, une condition indispensable au bon fonctionnement de la ventilation par dépression.

Jean-Marc Cazée, chef de produits Orela ® :

« Nous développons la ventilation par surpression pour les petits bâtiments non étanches »

Orela ® a une expérience de plus de 20 ans dans la ventilation dynamique des nurseries. La ventilation dynamique par dépression, comme celle installée au Gaec de Vains, est le système le plus fréquemment installé.  Mais, ce type de ventilation demande un bâtiment étanche sinon, les entrées d’air parasites perturbent le flux de la ventilation. C’est pourquoi, nous avons récemment développé la ventilation par surpression : l’air entre en surpression par une gaine rigide et ressort par les interstices du bâtiment, ses défauts d’étanchéité. Ce type de ventilation est bien adapté aux nurseries d’une dizaine de mètres de portée.

Gaine de surpression rigide

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