Home Fourrage Plus de lait avec des profils énergétiques bien équilibrés
Plus de lait avec des profils énergétiques bien équilibrés 5
0

Plus de lait avec des profils énergétiques bien équilibrés

0
0

Les maïs fourrage avec une bonne digestibilité des fibres et une teneur en amidon sécurisante pour la rumination, comme les variétés Powercell®, augmente la productivité laitière. C’est l’une des conclusions à tirer d’un suivi mis en place au Gaec des 3 étangs à Aizenay.

Certains profils énergétiques de variétés de maïs sont-ils plus efficaces que d’autres pour produire du lait ? Pour le savoir, les éleveurs du Gaec des 3 étangs, à Aizenay (85), ont mis en place un essai avec leur nutritionniste de la CAVAC, Yannick Elineau, et le semencier Syngenta. Deux profils énergétiques de maïs ont été isolés dans des silos et distribués successivement aux 70 holstein de l’élevage. Tout d’abord, sur le mois de novembre, elles ont été alimentées avec la variété Powercell® SY Madras, sélectionnée pour sa valeur alimentaire apportée par une bonne digestibilité des tiges et des feuilles et une teneur en amidon sécurisant la rumination. Puis, après une transition de trois semaines, elles ont reçu un maïs denté riche en amidon plus rapidement fermentescible. Au total, le suivi a duré 3 mois, de début novembre à début février.

Des profils énergétiques bien différents

De même précocité, semé et ensilé à seulement quelques jours d’intervalle, le maïs denté a plus de cinq points de matière sèche par rapport à Powercell SY Madras car les maïs dentés acquièrent de la matière sèche plus rapidement que les cornés dentés du fait de leur teneur en grains supérieure et d’une génétique qui a tendance à sécher plus vite en fin de cycle. Les digestibilités du denté et de Powercell SY Madras sont proches (71 % et 72 %, respectivement), mais leurs profils énergétiques sont bien différents. La variété Powercell, récoltée à tout juste 30 % de matière sèche (MS), a un appareil végétatif bien digestible, mesuré par une DMOna de 61 % , et un taux d’amidon de 27 %. A l’opposé, le maïs denté, récolté à 35 % de MS, dose 35 % d’amidon avec des tiges et des feuilles moins dégradables.

Un gain de 1,5 kg de lait

Les productions laitières ont été enregistrées quotidiennement par le robot de traite tout au long de la période de suivi. Seules les vaches en production pendant les trois mois du suivi et ayant dépassé leur pic de lactation, c’est à dire celles à plus de 100 jours de lactation, ont été retenues dans l’échantillon final d’analyse soit 31 vaches à 210 jours de lactation en moyenne.

Pendant toute la période de distribution de la variété Powercell, la production laitière a monté progressivement de 1,5 kg par vache en moyenne, alors que les vaches sont normalement en phase descendante de lactation. Elle a continué d’augmenter pendant la première partie de la phase de transition où elle a atteint son pic autour de 26 kg bruts, puis a diminué à partir de la moitié de la transition et pendant toute la période d’alimentation avec le témoin denté. Pendant cette dernière période de l’essai, les vaches ont perdu 1,5 kg de lait en moyenne. L’équilibre entre teneur en amidon et digestibilité des feuilles et tiges de la variété Powercell permet une plus grande productivité laitière que la variété dentée riche en grains.

Pas de différence de composition du lait

Pour analyser les effets sur la composition du lait, les données exploitées sont les analyses du lait de mélange au tank qui, à la différence de la production laitière, concernent l’ensemble des 70 vaches du troupeau. Ce choix a été fait car elles sont plus fréquentes que celles du contrôle laitier. Le nombre moyen de jours de lactation étant supérieur à 70, une évolution ascendante des taux est attendue sur les trois mois du suivi. Les taux obtenus avec l’une et l’autre variété de maïs ont donc été comparés aux taux attendus, c’est-à-dire ceux calculés avec les augmentations mensuelles observées sur la race holstein et représentés sur le graphique 2 par les droites en pointillés (source : FIDOCL Conseil Elevage). Avec la variété Powercell, le TB est légèrement supérieur à celui mesuré avec le maïs denté sans que cela soit significatif. Quel que soit le maïs distribué, le TB observé reste supérieur à celui attendu. Le TP suit l’évolution attendue, tout en étant légèrement au-dessus pendant l’ensemble du suivi. La variété d’ensilage n’a pas d’effet significatif sur la composition du lait dans cet essai.

+ 12 % d’efficacité de transformation

Yannick Elineau, le nutritionniste de l’élevage, a équilibré les rations en fonction de la composition de chacun des maïs. Le maïs denté, moins riche en matière azotée (MAT), a nécessité un apport complémentaire d’urée dans l’auge de 85 g par vache. Les aliments distribués sont pesés à la mélangeuse pour la ration à l’auge et au robot pour les concentrés individualisés. En moyenne, les vaches ont ingéré 2 kg MS supplémentaires de maïs denté par jour, ce qui s’explique, en partie, par la différence de 6 points de matière sèche en faveur de ce maïs. Cependant, il a été moins bien valorisé par les vaches car ces 2 kilos n’ont pas permis de produire plus de lait ou plus de taux. Avec le maïs denté, le taux de transformation de la ration en lait standard (ITL) a baissé de 12 % et le coût de la ration a augmenté de 2€ / 1000 litres.

(2): Source PEREL pour le coût des fourrages rendus silos qui inclut les intrants, la mécanisation, le fermage, les amortissements du silo. Hors M.O. éleveurs et distribution.

Laisser un commentaire