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Les performances de mes vaches valident mes choix de maïs ! 5

Les performances de mes vaches valident mes choix de maïs !

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Jean-Michel Le Tertre, éleveur laitier en Ille et Vilaine, privilégie le critère digestibilité dans ses choix de maïs et les performances de son troupeau s’en ressentent.

Jean-Michel Le Tertre, à la tête d’un troupeau de 65 laitières à Orgères en Ille et Vilaine, est motivé par son métier d’éleveur. « Elever des vaches performantes c’est-à-dire productives et en bonne santé, c’est ce qui me plait dans ce métier » précise-t-il. Il a préféré embaucher deux salariés plutôt que d’automatiser pour vivre des conditions de travail satisfaisantes et équilibrer vie professionnelle et vie familiale. « Avec mes salariés, je ne reste pas seul sur mon exploitation, je libère du temps pour m’occuper de mes enfants et je peux prendre deux semaines de congé par an ainsi qu’un week-end sur deux. »

Plus de lait par place de logette

Pour autant, le contexte de prix du lait incertain ne l’encourage pas à investir pour accroître son troupeau. « Ma perspective de développement, c’est plutôt de produire le plus de lait possible dans mon bâtiment de 68 logettes ». Cette stratégie se concrétise par une augmentation continue de la productivité des vaches qui dépasse, aujourd’hui, 10 000 kg de lait en moyenne. Cette performance est atteinte en préservant la santé des vaches ce qui se traduit, au quotidien, par de bons résultats de fécondité avec un intervalle vêlage-vêlage de 390 jours, l’absence d’acétonémie ou de retournements de caillette au vêlage et une maîtrise des boiteries. En moyenne annuelle, le lait est riche en protéines avec 32,6 g / kg de lait. La distribution de tourteau de cacao depuis six mois, en cures de un ou deux mois suivies de poses de quinze jours, devrait, selon l’éleveur, encore améliorer la qualité du lait. Il observe que « les taux sont très réactifs à la distribution de poudre de cacao » ce qui lui permet de gagner « un petit point de TP et plus d’un point de TB. »

Les vaches de l’exploitation produisent plus de 10 000 kg de lait à 32,6 g / kg de TP et 38,8 g / kg de TB sans problèmes sanitaires et 390 jours d’IVV.

30 kg de lait par la ration à l’auge

Toute l’année, les laitières reçoivent une ration à base de maïs fourrage. L’exploitant ne dispose que de huit hectares de pâturage pour les laitières qui ne permet de couvrir, au maximum, que la moitié des besoins alimentaires au printemps. En hiver, la ration est équilibrée à 30 kg de lait à l’auge. Les vaches dépassant ce niveau de production reçoivent, au DAC , un complément de correcteur azoté et de concentrés de production incorporant du lin extrudé (voir la ration, plus bas). La ration est distribuée à seize heures. « Cet horaire a deux avantages pour nous. D’une part, il convient mieux à l’organisation du travail avec des salariés ; d’autre part, mes vaches font deux bons repas sans que la ration ne chauffe toute la journée à l’auge, en particulier l’été. La ration reste appétante plus longtemps » argumente Jean-Michel Le Tertre. « Cette année, à l’ouverture des silos, comme beaucoup d’autres éleveurs de ma région, j’ai perdu autour de 2 kg de lait par rapport à l’année précédente ». En décembre, à six mois moyens de lactation, les vaches produisaient 28 kg de lait en moyenne. L’éleveur explique cette productivité en retrait par l’impact de la météo de la fin d’été sur la baisse de digestibilité des maïs. « Chez nous, les maïs étaient beaux avec un bon potentiel jusqu’à la mi-août. Mais après, ils ont rapidement séché. » Par contre, les taux ont bondi à 35 g / litre de TP et à 46 g / litre de TB. L’Indice de Transformation Laitière (IT L) reste donc satisfaisant avec 1,47 kg de lait standard (c’est-à-dire un lait à 70 pour mille) par kg de matière sèche ingérée.

Le choix de la digestibilité

La ration contient près de cinq kilos d’ensilage de luzerne, un fourrage qui a une valeur énergétique limitante pour nourrir des vaches hautes productrices même s’il est récolté jeune à plus de 20 % de matière azotée. Pour augmenter la concentration énergétique de la ration, Jean-Michel Le Tertre choisit ses variétés de maïs, d’abord, sur le critère de la digestibilité. L’éleveur conduit un essai avec son négociant, les établissements Demeuré, pour comparer une vingtaine de variétés. « En ce qui concerne le rendement, j’élimine les variétés en queue de peloton dans mon essai. Je ne choisis pas, forcément, les variétés les plus productives. Mon premier critère de choix des variétés c’est la digestibilité (ndlr : la DMO en %). Je fais également attention à la matière azotée pour choisir celles qui valorisent le mieux ma fertilisation. » La trentaine d’hectare est emblavée avec un mélange de quatre variétés, une par trémie du semoir. « Je fais comme cela pour avoir des valeurs alimentaires les plus homogènes possibles entre mes silos et, ainsi, limiter les à-coups de production laitière lors des transitions entre deux silos » justifie l’exploitant. Parmi les quatre variétés choisies, il sème la variété Powercell™ SY Fanatic. « Dans mon essai, elle sort dans les toutes premières avec un rendement à 18,8 tonnes de matière sèche (ndlr : essai placé dans de très bonnes terres de l’élevage), une DMO de 72,6 % et une valeur UFL de 0,92. » Pour l’éleveur, son choix de variétés de maïs « permet d’avoir des vaches performantes et en bonne santé sans forcer sur les concentrés ». Son coût alimentaire est meilleur de 10 € des 1000 litres de lait par rapport aux autres éleveurs de son groupe d’échange du CETA 35 . A la recherche permanente d’une amélioration de la digestibilité de ses maïs fourrage, il va expérimenter la coupe haute lors de la prochaine saison d’ensilage.

La ration de décembre 2016

A l’auge :

  • 14 kg MS de maïs ensilage.
  • 4,5 kg MS d’ensilage de luzerne.
  • 2,5 kg de correcteur azoté Colzadex ® (mélange de colza et de lin extrudé).

Au DAC :

  • Correcteur azoté : 2 kg au pic de lactation puis 1,5 kg pour les plus de 35 kg de lait et 1 kg entre 30 et 35 kg de lait.
  • Concentré de production : 3 kg le premier mois de lactation, 2 kg le deuxième mois et 1 kg le 3ème mois.
  • ITL standard (à 70 pour mille) : 1,47 litres de lait standard

Exploitation Jean-Michel Le Tertre à Orgères (35)

  • 65 vaches laitières pour 599 000 litres de lait à produire.
  • 10 064 kg / VL à 32,6 g/kg de TP et 39,8 g / kg de TB.
  • IVV : 390 j (moyenne des 2 dernières années).
  • Vêlages à 2 ans.
  • Taux de réforme : 35 %.
  • 2,4 UTH (dont 1,4 UTH salariés).
  • 120 ha de SAU dont 30 ha de maïs fourrage.
  • 2 poulaillers de poulets de chair certifiés.
Jean-Michel Le Tertre,
un éleveur motivé par son
métier d’éleveur.
Jean-Michel Le Tertre, un éleveur motivé par son métier d’éleveur.

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