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Nous anticipons les problèmes avec un suivi mensuel par notre vétérinaire

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Suite à plusieurs déplacements de caillettes successifs, Fabien Gohier a apprécié que son vétérinaire lui propose un diagnostic de sa conduite du tarissement. Depuis, ils se rencontrent tous les mois pour anticiper les éventuels dysfonctionnements sur le troupeau laitier plutôt que de les constater.

Depuis 2012, Fabien Gohier l’un des associés du Gaec de la Marche à Peuton en Mayenne, a changé sa façon de travailler avec son vétérinaire. Cette année-là, Olivier Crenn, son vétérinaire, doit intervenir en peu de temps pour plusieurs retournements de caillettes. Il raconte : « j’aurais pu me contenter d’opérer les animaux car le nombre de caillettes n’était pas dramatique. Mais, pour moi, c’était le signe d’un début de dysfonctionnement. J’ai donc proposé un diagnostic de la conduite du tarissement pour identifier les risques et les causes de ces retournements de caillettes et résoudre les problèmes ». Ce diagnostic, formalisé depuis par le laboratoire vétérinaire MSD (1) sous le nom de Tariscope®, débute par une analyse de la conduite du tarissement, du rationnement et des notations concernant l’état corporel (la NEC), le remplissage du rumen et la santé des pieds. Des analyses de sang et d’urine complètent et précisent ces observations.

Remplir la panse avec de la paille

Pendant la cinquantaine de jours de tarissement, les éleveurs distribuaient de l’ensilage de maïs à l’auge et du foin dans un râtelier suspendu sans complémentation azotée. Suite au diagnostic, Olivier Crenn a recommandé d’apporter plus de protéines dans la ration, d’acidifier le métabolisme et d’augmenter la consommation d’aliments fibreux. La conduite des taries a donc été complétement revue. Les taries ont été séparées en 2 lots : un lot au repos et un lot des vaches et des génisses en préparation au vêlage. Celles au repos reçoivent 15 kg bruts de maïs fourrage, 1.8 kg de correcteur azoté et 100 g de chlorure de magnésium. De la paille à volonté est à disposition dans un râtelier. Les animaux en préparation au vêlage reçoivent en supplément 200 g de correcteur azoté (soit 2 kg au total) et 100 g de sulfate de magnésium plus appétant que le chlorure (en plus du chlorure). Toutes les taries reçoivent un minéral spécial vaches taries 8-8-10 enrichi en oligo-éléments et en vitamines à raison de 150 g par jour. Elles ont également une pierre de sel à disposition. « Contrairement à de vieilles idées qui circulent encore, il faut toujours distribuer du sel aux vaches y compris aux taries soit avec une pierre de sel à disposition, soit avec une distribution de 30 g par tarie et par jour »  insiste Olivier Crenn. Au printemps et en été, les taries sont parquées à l’extérieur en conservant la même conduite qu’en hiver : conduite en 2 lots avec une ration à base de maïs et de paille.

Depuis 2013, pour son troupeau de 118 vaches, Fabien Gohier a noté seulement 3 retournements de caillettes et entre 2 et 5 fièvres vitulaires par an. « Surtout, ces quelques fièvres vitulaires se soignent facilement et les vaches s’en remettent facilement » commente l’éleveur. Les vêlages sont plutôt faciles : « c’est très rare que je sorte la vêleuse » constate-t-il. Il a pris conscience qu’un tarissement mal conduit pouvait-être la source des problèmes de début de lactation.

A la belle saison, les taries sont parquées à l’extérieur en conservant la même conduite qu’à l’intérieur : conduite en 2 lots ; ration à base de 15 kg bruts de maïs (dans l’auge jaune au fond) complémentés avec 1,8 à 2 kg de correcteur azoté, 150g de minéral vaches taries, 100 g de Chlorure et 100g de Sulfate de magnésium ; Paille et eau à volonté, pierre de sel à disposition

Un suivi vétérinaire mensuel

Convaincu que des observations et des analyses précises et régulières permettent d’anticiper les problèmes, Fabien Gohier a accepté de travailler différemment avec son vétérinaire et de le faire intervenir en suivi d’élevage.  Olivier Crenn visite l’élevage 10 à 12 fois par an. Ces visites sont ciblées sur les vaches au tarissement, les fraiches vêlées, celles à mettre à la reproduction, celles récemment inséminées ainsi que sur celles que l’éleveur souhaite montrer. Ces animaux sont attentivement observés car « ce sont les plus sensibles, ceux qui vont rapidement révéler des problèmes de conduite d’élevage » justifie le vétérinaire. Les taries font toujours l’objet d’un suivi régulier car le tarissement marque le début de la lactation suivante. Tout est passé en revu : remplissage des panses, état corporel, santé des pieds, apparence des bouses et propreté. Les fraîches vêlées sont fouillées. Celles à 28 jours après insémination sont échographiées et à 52 jours, elles sont confirmées et l’embryon est sexé. Les vaches non vues en chaleur sont examinées. S’il le faut, des analyses de laboratoires sont réalisées pour approfondir le diagnostic. Olivier Crenn a acquis des compétences en alimentation et en parage ce qui lui permet d’intervenir et de proposer des corrections en cas de besoin. Les stratégies de mise à la reproduction et de réforme sont discutées lors de ces visites mensuelles. Fabien Gohier sollicite également son vétérinaire pour lui demander son avis sur ses projets : « par exemple, lorsque nous avons changé de mélangeuse, nous en avons discuté avec Olivier ». Olivier Crenn est un vétérinaire curieux qui, au-delà du sanitaire, s’intéresse à tout ce qui touche la conduite et les pratiques d’élevage.

Un suivi « au cul des vaches »

: L’analyse de la ration fait partie du suivi mensuel d’Olivier Crenn, vétérinaire
L’analyse de la ration fait partie du suivi mensuel d’Olivier Crenn, vétérinaire

Le coût annuel du suivi est de 4€ des 1000 litres de droit à produire. Au Gaec de la Marche, c’est le seul suivi auquel souscrivent les éleveurs. Fabien Gohier insémine lui-même ses vaches, la qualité du lait de chaque vache est analysée dans un laboratoire indépendant et les données sont enregistrées sur un logiciel de gestion de troupeau. « Par rapport à ce j’ai connu précédemment, nous n’attendons pas les résultats techniques le mois d’après pour constater les problèmes, nous les anticipons au cul des vaches par des observations, des analyses » explique l’éleveur pour justifier son choix de suivi. Ce rendez-vous mensuel rythme et apporte de la rigueur dans le suivi. « Avec tous les autres travaux, nous ne passons pas toute la journée avec les vaches. Comme j’insémine moi-même, c’est également le moment pour vérifier si j’ai bien travaillé ».

Pour son vétérinaire Olivier Crenn, ces suivis l’impliquent fortement dans les résultats techniques et économiques de l’éleveur « je dois assurer pour limiter les problèmes sanitaires, car c’est moi qui intervient dans ce cas et l’éleveur pourrait me reprocher de payer à la fois un suivi et des interventions vétérinaires fréquentes». Aujourd’hui, le quart de la clientèle de son cabinet adhère à ce suivi.

Carte d’identité de l’élevage :

  • GAEC de la Marche à Peuton (en Mayenne).
  • 5 associés.
  • 118 vaches laitières pour 1,180 millions de litres.
  • Conduite en 1 seul lot, traite au roto.
  • TP : 34.4 g/l et TB : 42.3 g/l
  • IVV : 460 jours (2.2 paillettes / IA). Pour l’éleveur, ce n’est pas un critère économique. Il ne réforme pas pour des retards de fécondité.
  • 10 à 12 vaches taries en permanence.
  • Objectif de durée de tarissement : 45 jours.

La ration des laitières en production :

  • 75% maïs fourrage / 25% RGI pur.
  • 600 g de paille / VL
  • Autour de 3.5 à 4 kg (en fonction de la qualité du RGI) de correcteur azoté (40% Soja + 40% Colza + 20% de Tanné).
  • Au Dac, Orge + VL 4 litres.
  • Coût de la ration : 103 € / 1000 litres (78 € de concentrés et 25 € de fourrage en ne comptant que les intrants).

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