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Nos résultats s’ obtiennent en allant au bout des choses, atelier par atelier 5
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Nos résultats s’ obtiennent en allant au bout des choses, atelier par atelier

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Suite à deux agrandissements successifs, le Gaec Cotto à Tréffendel (35) se prépare à construire un nouveau bâti ment avec traite robotisée. Pour limiter l’investissement par vache et intensifier la main d’oeuvre, les associés augmentent la productivité des laitières en maîtrisant le coût alimentaire, égal à 91 € pour 1000 litres aujourd’hui.

En 2013 et 2016, mes deux fils, Maxime et Pierre-Yves, se sont installés avec moi en Gaec », resitue Pierrick Cotto éleveur laitier à Tréffendel en Ille et Vilaine. Aujourd’hui, leurs 150 vaches en production (les taries sont élevées à part) sont à l’étroit dans un bâtiment conçu pour 130 places à l’auge et 140 logettes. « Nous préparons l’avenir avec l’investissement dans un nouveau bâtiment en traite robotisée et la recherche d’une plus grande productivité de la main d’oeuvre. » Les trois associés du Gaec Cotto veulent diminuer le troupeau d’une vingtaine de vaches pour limiter l’investissement par place, n’installer que deux stalles de robot de traite et gagner quelques 700 heures de travail par an. Il leur faut donc augmenter la productivité des vaches pour approcher les 11 000 kg tout en préservant leur santé et en maîtrisant les coûts d’élevage. « Productivité, santé / longévité et rentabilité : pour nous, ce sont les trois piliers d’une ration performante », analyse Pierre-Yves, le plus jeune des éleveurs.

91€ de coût alimentaire

Pour atteindre ce résultat, nous raisonnons notre conduite d’élevage par atelier comme en production porcine. Nous gérons un atelier de génisses, un atelier de vaches taries et celui des laitières. Pour chacun de ces ateliers, nous allons au bout des choses », poursuit son frère, Maxime, pour résumer leur démarche. Les génisses vêlent à 23 / 24 mois. Les vaches en préparation au vêlage sont isolées et leur ration est équilibrée par rapport à la BACA et pour maintenir leur état d’engraissement. L’adéquation de leur ration est contrôlée en mesurant le pH urinaire (voir à ce sujet, l’article pages 20 et 21 dans ce numéro) et en notant l’état corporel. Pour les laitières en production, les changements et les efforts ont porté sur quatre points.

  1. Baisser l’intervalle vêlage / vêlage (l’IVV),
  2. Passer d’une conduite en deux lots en ration complète à une conduite en troupeau avec une complémentation au DAC
  3. Augmenter la densité énergétique des rations et les quantités ingérées
  4. La prévention des boiteries pour faciliter l’accès à l’auge.

Aujourd’hui, la ration est économique avec un coût de 91 € / 1000 litres ( 29 € de fourrage et 62 € de coût de concentrés) et performante techniquement. « On cherche encore à améliorer le TP et à accroître la longévité », nuancent les éleveurs. Les principaux indicateurs techniques sont reportés dans l’encart de description de l’élevage et la ration distribuée en octobre est décrite dans le tableau 2.

Loïc Quéméré (à gauche), responsable technique d’Ëilyps, le Conseil Elevage d’Ille et Vilaine, accompagne le Gaec Cotto pour augmenter la productivité des vaches.

Un IVV de 389 jours

En un an l’IVV a baissé de 32 jours, ce qui a permis de baisser d’autant le mois moyen de lactation qui est aujourd’hui de moins de 5 mois avec des vêlages équitablement répartis toute l’année. Les éleveurs attribuent ce progrès à quatre évolutions déterminantes. D’abord, ils se sont formés pour inséminer eux-mêmes ; « ainsi, nous inséminons toujours au bon moment, sept jours sur sept », observe Pierrick Cotto. Ils ont également souscrit un service de constat de gestation afin de ré-inséminer rapidement les vaches vides. Ensuite, les animaux sont mis à la reproduction plus rapidement. Dès 50 jours après-vêlage pour les primipares et, pour les multipares, dès que le bilan énergétique devient positif. « Nous inséminons dès que le TP augmente avec un score d’acétonémie du lait de 0 », précisent les éleveurs. Enfin, la complémentation a été revue. Il y a trois ans, la conduite en deux lots avec ration complète a été abandonnée au profit d’une conduite en troupeau avec une complémentation individualisée au DAC et une distribution ciblée de propylène glycol. « Avec l’ancienne conduite, nous notions une chute de production, lors du transfert des vaches d’un lot à l’autre, à cause du stress d’adaptation. Le changement de conduite a contribué à augmenter le lait par vache de 1500 litres en trois ans », justifie Pierrick Cotto.

Augmenter les quantités ingérées

Dès cet hiver, les éleveurs vont introduire dans la ration des laitières de la betterave fourragère à hauteur de 2 kg MS et autour de 1,7 kg MS d’ensilage de maïs épis. Sur le papier, avec ces évolutions de la ration, les vaches vont ingérer au moins 1 kg MS en plus par jour et produire plus de lait selon Loïc Quéméré, leur nutritionniste du Conseil Elevage. « Notre coût alimentaire va augmenter, mais ce n’est pas grave, car en contrepartie nous allons mieux rentabiliser nos bâtiments », calculent les éleveurs. Avec le bâtiment actuel, l’accès à l’auge est limitant. Mais les éleveurs actionnent les leviers sur lesquels ils peuvent agir pour favoriser l’accès à l’auge. Ainsi, un protocole a été étudié pour prévenir les boiteries. Les éleveurs ont doublé le volume de paillage des logettes. « Nous observons moins de gros jarrets », se félicitent-ils. Les aires d’exercice sont raclées 5 fois par 24 heures pour éviter de salir les pattes des vaches lors du franchissement des racleurs. Ils ont contractualisé avec un pareur qui intervient tous les deux à trois mois sur les vaches à tarir et celles qui boitent. Les deux fils ont suivi une formation au parage pour apporter les premiers soins aux boiteuses. Les dermatites sont traitées, une fois par mois, en salle de traite avec un lavage des pieds suivi d’une pulvérisation. « Nous sommes des passionnés d’élevage, de 5 heures du matin à 19 heures, il y a toujours quelqu’un de présent auprès des vaches. De plus, nous sommes spécialisés en lait. Une grande partie des travaux de culture, les épandages des lisiers et des fumiers, les traitements phytosanitaires et les récoltes sont sous-traités à une ETA », concluent les éleveurs pour expliquer leurs bonnes performances technico-économiques.

La ration distribuée à l’auge en octobre (en kg MS)

Distribution avec une automotrice en commun à midi. La ration est repoussée à l’auge autour de 19 heures.

  • Maïs ensilage (récolte 2015) :15,2 kg.
  • Ensilage de luzerne : 3 kg.
  • Paille de blé : 0,8 kg.
  • Tourteau de soja : 1,80 kg.
  • Tourteau de colza : 1,50 kg.
  • Minéral : 480 g dont 200 g de bicarbonate.
  • Sel : 25 g.
  • Distribution d’une VL au DAC pour les plus de 32 à 35 litres de production

Efficacité alimentaire à 70 %° : 1,5 litres / kg MSI

Coût : 91 € / 1000 litres.

Gaec Cotto, 35380 Tréffendel

  • 163 vaches laitières présentes pour 1,5 million de litres de lait livrés.
  • 4 UTH dont 1 salarié.
  • 9805 kg de lait / VL à 31,4 g/ kg de TP et 38,8 g/ kg de TB.
  • IVV : 389 jours.
  • Taux de réforme : 34% (2,9 lactations par vache).
  • Autre atelier : 100 ha de cultures de vente.
Dès cette campagne, des betteraves fourragères et de l'ensilage de maïs epis seront introduits dans la ration pour augmenter les quantités ingérées par vache

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