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Ne pas oublier les veaux lorsqu’on agrandit le troupeau !

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Confrontés à de très nombreuses diarrhées néonatales suite au premier agrandissement du troupeau, le GAEC des Rivages a fait faire un audit veaux par son vétérinaire, le Dr Valérie Olivier, en 2011. Grâce à ses conseils, la conduite d’élevage a été revue, l’état sanitaire a retrouvé un excellent niveau, même si les éleveurs restent vigilants.

 

«Lorsqu’on agrandit le troupeau, on fait d’abord les travaux pour loger les vaches et produire le quota, mais on oublie souvent les veaux ; et on le paye avec l’augmentation de l’intensité des diarrhées et de leur fréquence». C’est la mésaventure qu’ont connue Fabrice Couthouis et son associé Philippe Desgranges (un troisième associé les a rejoint en 2015). Installés à Chalonnes-sur-Loire au sud-ouest d’Angers, ils doublent le troupeau et la production à l’arrivée de Fabrice en 2004, pour atteindre 580.000 l. Des investissements importants sont réalisés pour le logement des laitières – hausse de la surface du bâtiment, roto de traite, fumière couverte – mais le logement des veaux est le grand oublié. De 2007 à 2010, les problèmes de diarrhées s’amplifient avec la hausse du nombre de vêlages (70 par an à cette période) et toujours plus de difficultés à loger les veaux. Fabrice passe deux heures par jour en soins avec des visites fréquentes du vétérinaire qui vient les perfuser. Malgré ces efforts, les éleveurs perdent autour de dix-huit veaux en 2010. Cet épisode très dur psychologiquement est un électrochoc. Les deux éleveurs décident donc de «S’attaquer aux causes du problème plutôt que de traiter en curatif dans l’urgence ». Pour identifier les solutions à apporter ils font appel à leur vétérinaire, le Dr Valérie olivier qui réalise début 2011 un audit veaux.

 

Un audit sanitaire global

Voilà le déroulement. Au cours des deux heures d’entretien et de visite de l’élevage, Valérie Olivier fait le tour de l’ensemble des facteurs impactant le microbisme et l’immunité des veaux. Elle utilise un questionnaire inspiré du laboratoire MSD Santé Animale, qui aborde le microbisme (bâtiment, gestion de la nurserie, statut sanitaire du troupeau), le transfert immunitaire (colostrum et vaccination) ainsi que l’alimentation (veaux et vaches taries). La vétérinaire prévoit d’effectuer aussi des prélèvements de matières fécales, des analyses de sang des veaux et de colostrum. «Les échantillons de sang et de colostrum sont envoyés au laboratoire ISAE (Ille-et-Vilaine) pour obtenir des résultats extrêmement précis», souligne-t-elle. puis, quinze jours après ce premier rendez-vous, elle apporte les conclusions de l’audit aux éleveurs afin d’échanger avec eux sur les solutions à mettre en  place. «Je propose 2 ou 3 actions qui me semblent primordiales et sur lesquelles l’éleveur ne devrait pas faire l’impasse. Je profite aussi de cette rencontre pour donner aux éleveurs un maximum d’idées (des «petits plus») et après chacun choisit celles qui lui conviennent en fonction de la configuration de l’élevage, de ses habitudes et de son budget» précise-t-elle. En ce qui concerne le GAEC du rivage, des rotavirus et colibacilles ont été détectés dans les fèces. En revanche, la moyenne des analyses de colostrum s’est révélée très bonne avec 75 g d’immunoglobulines par litre mais les taux d’anticorps sanguins étaient insuffisants (en moyenne, inférieurs à 10 g/litre).

 

De nombreuses améliorations

Les génisses de 0 à 3 mois étaient alors logées ensemble dans trois cases collectives. Ces cases situées au nord, sur sable, étaient difficiles à nettoyer et sécher. Aucune case individuelle ne permettait d’isoler un veau malade. «Nous avons suivi les conseils de Valérie en construisant 5 cases individuelles sur caillebotis et avec des parois plastiques, faciles à nettoyer pendant les vides sanitaires », indique Fabrice Couthouis. Côté alimentation, un biberon est désormais utilisé pour chaque veau et l’aliment VL trop riche en azote, distribué à partir de 15 jours d’âge, a été remplacé par un aliment démarrage dès le premier jour. Les éleveurs ont aussi décidé de vacciner les mères (avec un vaccin en une seule injection) et de distribuer le colostrum aux veaux eux mêmes pour contrôler la quantité et le moment de buvée. «L’idéal est de sonder le veau afin de lui transférer rapidement les 3 à 4 litres de colostrum indispensables à un bon transfert de l’immunité ; au biberon, l’éleveur arrête au bout de 1 à 2 litres par manque de temps car la buvée du colostrum peut être longue et fastidieuse », conseille Valérie Olivier.

 

Vigilance avec le nouvel agrandissement

cout-veauxCes changements dans la conduite des veaux ont eu des effets radicaux. Pas de mort depuis, ni de veau perfusé. La prise de poids est bien meilleure, et du côté du temps de travail, la différence est nette : «je ne passe plus qu’une demi-heure par jour à nourrir les veaux», témoigne Fabrice Couthouis. Mais il reste vigilant car, avec l’installation d’un nouvel associé Clément Grimault en mars 2015, le troupeau a gagné trente têtes. Les éleveurs ont donc réaménagé le bâtiment pour créer une véritable nurserie avec treize cases individuelles pour les veaux de 0 à 15 jours. Elles sont plus larges et ont un caillebotis facile à nettoyer. Valérie Olivier réalise une dizaine d’audits veaux par an. Selon elle, cette prise de recul «à froid» est indispensable pour résoudre un problème de diarrhées. Son coût de 550 € (dans le cas du GAEC des Rivages et y compris les analyses) constitue d’ailleurs un bon investissement au regard des frais qu’il évite.

 

«Beaucoup d’éleveurs se disent qu’ils donnent déjà assez d’argent au vétérinaire avec les soins ; mais le problème des diarrhées ne se résout qu’avec une réflexion dans le calme, et pas pendant le stress d’une perfusion, où l’éleveur craint de perdre sa génisse».

 

 

 

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