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Muscler la protéine dans la ration 5

Muscler la protéine dans la ration

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Une prairie contenant des légumineuses produit jusqu’à 2,5 t/ha de protéines sur l’année. Aujourd’hui, les mélanges de graminées et de légumineuses s’adaptent à toutes les rotations et contextes pédo-climatiques. Cédric Pasquier, chef marché fourragères chez Jouffray-Drillaud répond à nos questions.

 XXLait : Pourquoi réalisez-vous des travaux de recherche sur les mélanges multiespèces ?

CPasquierCédric Pasquier : Les points forts des mélanges fourragers multi-espèces sont aujourd’hui reconnus par les éleveurs comme par les instituts techniques. Mais, en fonction des types variétaux au sein d’une même espèce, les écarts de performances en situation de mélange sont importants. Voilà pourquoi, la société Jouffray-Drillaud a développé une recherche dédiée aux mélanges multi- espèces. Les variétés sont ainsi sélectionnées pour leurs performances (agronomiques et nutritionnelles) et leur aptitudes aux mélanges. Par ailleurs, la mise au point de ces compositions est également le fruit des travaux menés par Jouffray- Drillaud depuis 4 ans sur la station de Saint-Sauvant (86) en collaboration avec l’INRA de Lusignan dans le cadre du projet PRAISE* (Amélioration génétique des PRAIries SEmées face aux aléas climatiques) ainsi que du résultat des essais de la ferme expérimentale des Bordes -36 (OIER/ARVALIS).

Notre nouvelle gamme innovante M-Les Mélanges comprend des associations dont les performances sont garanties dans le temps.

 

XXLait : Quels critères prendre en considération pour sélectionner les espèces et les variétés composant les mélanges ?

Cédric Pasquier : L’aptitude à la compétition entre espèces, la vitesse d’implantation, la résilience qui est la faculté de récupération de la plante suite à un stress, sont autant de caractéristiques que nous prenons en compte pour l’élaboration de nos compositions. Nous nous attachons également à associer des espèces et des types variétaux qui permettent d’exploiter toutes les niches écologiques, pour réduire ainsi l’impact des accidents climatiques et améliorer la quantité et la qualité des fourrages récoltés.

 

XXLait : Pour les prairies de dérobées, quel est l’intérêt d’un mélange intégrant de la vesce commune ?

Cédric Pasquier : La vesce commune cumule plusieurs avantages agronomiques. Elle est adaptée à de nombreuses situations pédoclimatiques, elle s’implante rapidement, sa résistance au Sclérotinia trifolii est bien supérieure à celle des trèfles, et les variétés de type hiver sont résistantes au froid. Du point de vue nutritionnel, l’intérêt de la vesce commune vient bien sûr de sa richesse en protéines. Jouffray- Drillaud sélectionne des variétés dans cette espèce depuis les années 70, et détient 80% des obtentions de vesces communes d’hiver et 40% de celles de printemps. Notre mélange M-Dérobée comprend 33% de vesce commune d’hiver Rubis associée au trèfle incarnat Cégalo (17%) et aux ray-gras italiens Likoloss et Silor, très complémentaires. Le mélange a déjà démontré ses performances en essai et en grandes parcelles (Voir infographies).

 

XXLait : Comment optimiser la proportion de légumineuse avec le Ray-Grass Hybride (RGH) dans des prairies de moyenne durée ?

Cédric Pasquier : Traditionnellement le RGH est semé en association avec du trèfle violet. La difficulté avec le trèfle violet c’est qu’il est peu présent lors de la première exploitation en première année et qu’il a tendance à disparaître au cours de la troisième année d’exploitation. Pour assurer une productivité régulière de fourrage riche en protéines, il est primordial d’associer des espèces et des variétés de légumineuses complémentaires qui puissent prendre le relais les unes des autres. C’est le travail que nous avons réalisé avec nos mélanges M-Dial et M-Trial qui associent les RGH Tonuss et / ou Enduro avec le trèfle incarnat Cegalo, les trèfles violets Diplo et Lestris ainsi que le trèfle blanc géant Aran.

 

XXLait : Quel mélange conseillez-vous pour une prairie de longue durée exploitée en fauche ?

M-faucheCédric Pasquier : Ces prairies doivent contenir une part importante de légumineuses pour couvrir au maximum les besoins protéiques par le fourrage. Côté graminées, nous conseillons d’associer des espèces aux avantages complémentaires. Par exemple, notre mélange M-Fauche contient la luzerne Galaxie, qui apporte digestibilité et productivité protéique à l’hectare, et le trèfle violet Lestris, à la fois productif et adapter en mélange. Pour les graminées, la fétuque élevée Iliade apporte digestibilité et rusticité alors que le dactyle Galibier combine souplesse d’exploitation et résistance aux maladies. Enfin, le ray-grass anglais Fellin assure une bonne couverture de sol, de la productivité et une bonne capacité de séchage. Les résultats obtenus dans le cadre des essais de la Ferme des Bordes – 36 (OIER – Arvalis) montrent un bon niveau d’UFL et de MAT sur l’ensemble des coupes.

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