Home Fourrage « L’exploitation intensive de nos prairies contribue au coût alimentaire de 72 € / 1000 litres »
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« L’exploitation intensive de nos prairies contribue au coût alimentaire de 72 € / 1000 litres »

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Pour produire leur lait à 72 € / 1000 litres de coût alimentaire, les frères Abalain, éleveurs à Lanneufret dans le Finistère, misent sur une exploitation intensive de leurs prairies temporaires en ensilant toutes les 4 à 5 semaines.

En 2016, les coûts alimentaires pour le GAEC de Kerlarret à Lanneufret dans le Finistère sont de 72 € / 1000 litres, soit 35 € / 1000 litres de moins que la moyenne des élevages suivis par leur organisme de conseil en élevage. Les charges opérationnelles s’en ressentent avec 127 € / 1000 litres. « En 2010, nous avons opté pour un système de production économique en profitant du climat favorable à l’herbe dans notre région » explique Olivier Abalain, l’un des 3 associés du Gaec. Aujourd’hui, trois-quarts de la surface fourragère sont cultivés en herbe pour maximiser le pâturage et pour ensiler des fourrages plus équilibrés pour l’hiver. Le lait par vache est volontairement limité à 8000 kg pour réduire les achats de concentrés. Ainsi, les vaches ne reçoivent que 2 kg de correcteur en moyenne (3 kg maximum entre 20 et 60 jours de lactation) et 1 kg de concentré de production maximum entre 20 et 50 jours de lactation (voir la ration hivernale des vaches). En 6 ans, la consommation annuelle de concentrés a diminué de 1100 kg à 754 kg par vache tout en maintenant de bons résultats de reproduction avec un intervalle entre vêlages de 389 jours. Par contre, le prix du lait est pénalisé par un faible taux protéique.

Un réseau de 2 km de chemins décaissés, stabilisés avec du tout-venant et revêtus d’une couche de sable de carrière (matériaux local extrait sur l’exploitation) dessert les 70 ha de pâture.

110 ha de prairies temporaires

Sur les 125 ha d’herbe, 110 sont implantés en prairies temporaires renouvelées tous les 5 ans. Celles à la fois pâturées et fauchées sont semées avec un mélange de ray-grass anglais et de trèfle blanc avec deux variétés pour chacune des espèces. Trente hectares sont exclusivement fauchés. Le mélange multi-espèces de ces prairies est composé de ray-grass anglais, de fétuque élevée, de pâturin et de trois variétés de trèfle blanc. « Ce mélange est plus productif, plus riche en protéines, un peu plus fibreux et sèche mieux que le mélange pâturé » justifie Pierre-Yves Abalain, l’associé en charge de l’alimentation dans le Gaec.

Les laitières disposent de 70 ha d’herbe autour du bâtiment, soit environ 35 ares par vache, exploités en pâturage ou en fauche. Un réseau de 2 kilomètres de chemins stabilisés a été aménagé pour desservir les parcelles. Les parcelles les plus éloignées nécessitent 20 minutes de marche aller et retour à l’heure de la traite. Les laitières pâturent du mois d’avril au mois de novembre en changeant tous les 2 à 3 jours de paddocks. Pendant toute la saison de pâturage, un complément d’ensilages d’herbe et de maïs est distribué à l’auge à hauteur de 5 kg de matière sèche par vache au printemps. En début de saison, 45 ha d’herbe suffisent pour faire pâturer les vaches (soit 25 ares / vaches) alors qu’en été les 70 ha y sont consacrés. « Je prévoie la pousse de l’herbe pour les 7 jours à venir. Je ferme alors des paddocks pour les faucher quand j’ai trop d’herbe » explique Pierre-Yves Abalain. Les génisses ont leurs propres surfaces de pâturage avec une conduite identique à celle des vaches. « Pour faire vêler à 26 – 27 mois, il faut leur donner de l’herbe de qualité » justifie Pierre-Yves Abalain.

Fauche toutes les 4 à 5 semaines

Toutes les 4 à 5 semaines, les 30 ha de prairie de fauche ainsi que les paddocks qui n’ont pas pu être pâturés au bon stade sont ensilés. « En fauchant à ce rythme, nous avons plus de chance de récolter un fourrage riche en énergie et en protéines. Mais, nous observons de grosses hétérogénéités de qualité entre les coupes » note Pierre-Yves Abalain. A la mi-avril de cette année, l’échantillon prélevé sur l’une des remorques a été analysé à 39 % de matière sèche, 1,04 d’UFL et 25 % de MAT. Chaque coupe est stockée séparément dans un silo couloir et sa qualité perçue est notée. La première fauche est, le plus souvent, destinée aux génisses et aux taries, de la deuxième à la quatrième aux vaches laitières et les suivantes aux génisses. La fréquence des coupes permet une productivité moyenne estimée à 9,5 tonnes de matière sèche par hectare sur l’ensemble de la surface en herbe.

Une coupe de l’herbe longue et franche avec la remorque-ensileuse Poettinger®.

« On ne se voie pas embêter les voisins toutes les 4 semaines pour ensiler. Avec cette technique d’exploitation de l’herbe, il faut-être autonome » insiste Olivier Abalain. Le Gaec s’est équipé d’une remorque ensileuse de 72 m3 de marque Poettinger Jumbo® et d’un andaineur double rotors à andainage central. Avec un amortissement sur 7 ans, le coût annuel de la remorque est d’environ 11 € / 1000 litres, frais d’entretien et financiers compris. Il faut y ajouter la traction et le travail pour calculer son coût d’usage aux 1000 litres.

« Notre remorque Poettinger est une machine aboutie qui nous permet d’être productifs. Nous mettons une heure de travail pour charger une remorque (ndlr : pouvant contenir 2 ha d’herbe), le trajet sur la route et la vider dans le silo pour nos parcelles éloignées de 10 km» explique Olivier Abalain au sujet de son choix de machine. « Sur cette remorque, tout est pensé pour travailler vite et bien. Le pick-up pendulaire à came permet de suivre le sol en minimisant la quantité de terre entraînée dans la remorque. Le chargement automatique qui contrôle l’avancée du fond mouvant permet d’optimiser le volume de chargement. La barre de coupe pivote latéralement ce qui facilite d’affutage des couteaux. Sur la route, elle est homologuée pour rouler à 40 km / h en toute sécurité avec les freins pneumatiques » argumente Antony Lepeltier, chef de produit chez Poettinger, pour expliquer la productivité du travail.

GAEC de Kerlarret, Lanneufret, (Finistère).

  • 3 Associés : Olivier, Pierre-Yves et Nicolas Abalain.
  • Des chauffeurs de la CUMA viennent compléter la main d’œuvre pour les gros travaux de culture.
  • Productivité laitière autour de 550000 litres / UTH.
  • 200 vaches pour produire 1,5 millions de litres dont 250000 valorisés par les veaux de boucherie.
  • Lait / VL : 7600 kg / vache / an
  • 30,6 g / kg de TP et 39,5 g / kg de TB
  • IVV : 389 jours.
  • Vêlage à 26 – 27 mois.
  • 180 ha de SFP dont 125 ha d’herbe (8300 litres de lait / ha).

La ration hivernale des vaches laitières (en Kg MS / VL / j)

  • Maïs ensilage : 10 kg MS
  • Ensilage d’herbe : 6 kg MS
  • Paille de colza : entre 0.5 et 1 kg MS
  • Corrections au DAC volontairement limitées à…
      • 3 kg de correcteur / VL / J entre 20 et 60 jours.
      • 1 kg de concentré de production / VL / J entre 20 et 50 jours.
  • Coûts alimentaires : 72 € / 1000 litres.

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