Home Santé « Les boiteries ne sont plus une cause notable de réforme »
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« Les boiteries ne sont plus une cause notable de réforme »

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Au Gaec D2G dans le Finistère, Certiflore®, un nouveau produit qui contient des flores bactériennes bénéfiques visant à améliorer le confort du pied des animaux atteints de dermatites digitées permet de réduire l’usage des antibiotiques tout en étant peu contraignant à appliquer.

En 2009, les premiers robots de traite ont été installés au Gaec D2G à Telgruc sur Mer dans le Finistère. « C’est à partir de ce moment-là que nous avons connu une explosion des dermatites dans le troupeau. Les vaches ne sortaient plus au pâturage pour maintenir une bonne fréquentation des robots de traite. Elles avaient toujours les pattes souillées » raconte Jérôme Le Guellec qui s’occupe des vaches laitières au sein du Gaec. Les boiteries ont contraint les éleveurs à réformer massivement. Le taux de réforme est monté à plus de 55 % avec 60 % des réformes pour des raisons de boiterie. « Nous étions obligés de pousser les vaches vers les robots pour les traire, nous avions du mal à détecter les chaleurs. En plus d’un taux de réforme important, nous n’atteignons pas les objectifs de production des vaches » se souvient l’éleveur. Aujourd’hui, le taux de réforme est redescendu à 35 %. « La dermatite n’est plus un sujet de préoccupation pour nous » se satisfait Jérôme Le Guellec.

Année

2016-2017

2015-2016

2014 – 2015

Protocole de traitement des dermatitesPulvérisation Certiflore® toutes les semainesTraitement antibiotique tous les moisUniquement le pareur
Taux de réforme

(en %)

35,832,655,8

« Au début, nous avons essayé d’assainir la situation grâce au parage » raconte l’éleveur. Le pareur intervenait tous les deux mois dans l’élevage sur les vaches prêtes à tarir et sur celles qui boitaient. Ce qui a permis d’améliorer la situation mais de façon vraiment insuffisante avec un taux de réforme encore trop élevé. L’éleveur s’est donc résolu à traiter aux antibiotiques en alternant tous les quinze jours, un traitement au pédiluve et une pulvérisation d’un antibiotique pendant trois jours sur des pattes nettoyées à haute pression. « Ce traitement était efficace. Mais, pendant la période de traitement, nous passions deux heures par jour pour le lavage des pattes et la pulvérisation d’antibiotiques » constate l’éleveur.

Sans antibiotique

En novembre 2016, Sanders, leur fournisseur d’aliments leur a proposé de tester Certiflore®, un nouveau produit qui vise un effet sur les bactéries responsables des dermatites digitées. Le principe de cette innovation est de pulvériser deux souches de « bonnes » bactéries qui vont coloniser les pieds des vaches par un mécanisme dit de « flore de barrière » et ainsi empêcher, par exclusion compétitive, le développement des germes causant les dermatites. Ces bactéries sont conservées au congélateur. Elles sont appliquées au pulvérisateur sur les pattes non lavées au préalable. Pour préserver les bactéries au moment de leur application, il est recommandé de dédier le pulvérisateur fourni par Sanders uniquement à cette opération et d’utiliser un neutraliseur de chlore pour l’eau de préparation de la solution.

« Pour mesurer l’efficacité de Certiflore®, nous avons enregistré les évolutions de la dermatite sur un pool de 10 vaches. Son mode d’action explique que nous avons observé peu d’évolution visible pendant les quatre premières semaines. C’est vraiment au bout de cinq semaines d’application que nous avons commencé à noter des améliorations » prévient Jérôme Le Guellec. Aujourd’hui, la dermatite n’est plus une cause notable de réforme des vaches dans le Gaec. Lors de sa dernière intervention, en septembre dernier, le pareur a diagnostiqué de la dermatite sur uniquement huit vaches. « Par rapport au précédent traitement aux antibiotiques, nous observons une efficacité similaire. Par contre, l’application est bien moins contraignante, même si elle est plus fréquente, car il n’y a pas besoin de laver les pieds » apprécie l’éleveur. La préparation de la solution et sa pulvérisation demande une demi-heure de travail toutes les semaines pour les 120 laitières. L’usage des antibiotiques pour traiter les dermatites est considérablement réduit. Le traitement Certiflore® coûte 34 € par vache et par an selon les calculs de l’éleveur.

Gaec D2G, Kervanquen, Telgruc / Mer.

  • 3 associés (hors cadre familial) : Jean-Noël Didailler, Claude Gourmelin et Jérôme Le Guellec.
  • 140 vaches pour produire 1,2 million de litres de lait.
  • Productivité du travail : environ 680 000 litres / UTH lait.
  • 9078 kg de lait / VL à 31,7 g/kg de TP et 40,1 g/kg de TB.
  • Intervalle Vêlage – Vêlage : 378 jours.
  • Traite aux robots

Autres productions :

  • 220 ha de SAU dont 75 ha de céréales.
  • Un atelier d’engraissement de porcs.

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