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Les avantages des coproduits

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Avec plusieurs centaines d’ha de SAU, les éleveurs du GAEC du Grand Parc en Lorraine visaient à être le plus autonomes possible pour l’alimentation de leurs 180 vaches. Avec l’expérience, ils se sont rendus compte qu’acheter des coproduits était économiquement et techniquement intéressant tout en sécurisant les stocks.

 

En 2010, suite à un regroupement d’exploitations et à l’installation du troisième frère, le système de production a été entièrement revu pour regrouper les sites de production et mettre aux normes les bâtiments. Un nouveau bâtiment a été érigé, la traite et l’alimentation ont été robotisées. En parallèle,
une unité de méthanisation a été construite.
Dans ce contexte de remise en question, les exploitants ont également fait évoluer le système fourrager en intégrant plus de légumineuses et de protéagineux.

« Nous cherchions à produire des fourrages en masse et de qualité, à réduire la dépendance protéique, à varier l’assolement et à régénérer les sols »

explique Pierre Collin l’un des trois associés du GAEC. Au début des années 2010, la surface fourragère est alors composée de 35% de maïs ensilage, 35% de prairies naturelles et 30% de luzerne. 130 ha d’intercultures à utilisation fourragère sont semés annuellement et valorisés soit pour les génisses, soit pour l’unité de méthanisation, soit laissés sur place pour structurer le sol.
La ration semi-complète distribuée à cette époque est composée de maïs ensilage (11 kg MS), d’ensilage de ray grass (2 kg MS), de foin de luzerne (2 kg MS), de céréales (0,9 kg MS) et d’un correcteur azoté (1,7 kg MS). Au robot, les vaches reçoivent en moyenne  3 kg d’aliment de production et 1 kg de correcteur azoté.

Une ration acidogène

Cette ration permet, sur le papier, au moins 30 litres de lait alors que les vaches ne produisaient que 27 litres. Les éleveurs et leurs techniciens observaient des signes de sub-acidose : des boiteries, un poil terne d’aspect poussiéreux, une faible circulation au robot, des vaches restant longuement debout devant les logettes pour faciliter l’éructation.
Sur la zone, le taux d’amidon des ensilages de maïs atteint couramment 35% voire plus. Avec les concentrés distribués au robot, le taux d’amidon de la ration ingérée est calculé à 25%. Pour diminuer les risques d’acidose, les éleveurs ont cherché à introduire dans la ration plus de fibres en cultivant un fourrage supplémentaire. Deux cultures ont alors été essayées. Du RGI avant maïs ensilage : cette culture a été jugée trop risquée pour le rendement et la qualité du maïs qui suivait. Une prairie de moyenne durée avec un mélange RGA et de trèfle violet a également été semée mais les rendements se sont révélés trop variables entre les années.

Des coproduits remplacent une part du maïs

Les éleveurs se sont donc tournés vers les coproduits disponibles en abondance dans la région avec les différentes industries agroalimentaires. Ils stockent pour 7 à 8 mois, dans un silo, un mélange composé de pulpes de betteraves pour sa cellulose digestible, de drêches de brasserie pour ses sucres et l’azote, de maïs grain broyé et de soja sous formes de tourteaux, de coques et drêches. La composition exacte du mélange pour l’année 2015 est décrite dans le graphique 1. « Nous ne sommes pas figés sur les types de coproduits et leurs volumes utilisés. Cela dépend des stocks de fourrage et de leurs taux d’amidon ainsi que des opportunités financières sur le marché des coproduits » précise Pierre Collin. Cette année, le mélange concentre 1,08 UFL, 142 g de PDIN et 132 g de PDIE par kg MS pour un coût de 207€ par tonne MS en intégrant la prestation de mélange. Les achats des différents composants de ce mélange sont anticipés. Les produits secs (soja et coques de soja) dont le prix peut varier de façon importante sont réservés, à un prix fixé, sur le marché à terme 4 à 6 mois à l’avance. Pour les coproduits humides dont le prix varie moins selon les périodes de l’année, l’exploitant réserve des volumes sans prix ferme.

Une ration performante et plus économe

Ce mélange est incorporé à hauteur de 3,8 kg MS dans la ration des vaches avec 7 kg MS de maïs ensilage, 3,3 kg MS d’ensilage de luzerne et 1,5 kg de foin. Elle est complémentée avec 1,4 kg MS de correcteur azoté et 2,6 kg MS de concentré de production en comptabilisant la quantité moyenne de concentrés distribués au robot. La productivité laitière mesurée est de 32,5 litres pour à peine 20 kg de MS ingérée. Avec plus de 1,6 litres de lait produit par kg MS ingérée et un coût alimentaire à 108€ pour 1000 litres, cette ration est efficace et économique. « Notre production atteint 9200L/ VL avec un TP de 33g/l et un TB de 39g/l, une moyenne de 250 000 cellules et moins de 2000 spores butyriques » analyse l’éleveur à propos de ses résultats laitiers. Pour les 180 vaches, la ration actuelle coûte 624€ par jour tandis que la ration précédente revenait à 691€ soit une économie annuelle de près de 25000€.

« Elle est moins chère, mieux valorisée par les animaux et plus sûre par rapport à l’acidose »

argumente l’éleveur. De plus, la surface fourragère a diminué de 110 ha à 94 ha ce qui a permis de libérer 16 ha pour les cultures de vente.

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