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L’hypocalcémie touche une vache sur deux en France

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Les fièvres de lait ne révèlent qu’une toute petite partie de la prévalence de l’hypocalcémie. Deux études réalisées dans des troupeaux laitiers du Grand-Ouest et des Ardennes ont mis en évidence que la forme subclinique touche une vache sur deux. Pierre Kirsch, vétérinaire dans les Ardennes, nous livre ses conseils pour détecter l’hypocalcémie subclinique et la prévenir.

XXLait : Souvent, on associe l’hypocalcémie aux fièvres de lait. Est-ce toujours le cas ?

Pierre Kirsch (PK) : Les fièvres de lait ne sont que la partie visible de l’hypocalcémie. Pour une vache couchée par une fièvre de lait, vous avez potentiellement dix vaches en hypocalcémie sub-clinique. La forme sub-clinique ne se voit pas mais a des conséquences sur le fonctionnement des muscles et donc sur le déroulement des vêlages, les non-délivrances, les métrites, les mammites, les déplacements de caillette et les acétonémies.

XXLait : Quel est l’importance de l’hypocalcémie subclinique en France ?

PK : Nous en avons mesuré la prévalence dans notre clientèle. Sur 106 vaches issues de 8 élevages, 45% étaient en hypocalcémie subclinique : 57% des multipares et 16% des primipares. Ces résultats sont corroborés par une étude récente conduite dans le Grand-Ouest par le laboratoire vétérinaire Boehringer- Ingelheim® : 48% des 369 multipares issues de 128 exploitations étaient en hypocalcémie.

XXLait : Comment la détecter dans un élevage ?

PK : Les vêlages difficiles en sont un bon révélateur. En effet, l’utérus est un muscle qui a besoin de calcium pour se contracter. Un éleveur qui se plaint de vêlages longs et difficiles, qui doit fréquemment intervenir pour sortir les veaux doit s’interroger et ne pas systématiquement se retrancher derrière la taille du veau. Lorsque je fais les bilans sanitaires d’élevage avec mes éleveurs, j’analyse le nombre de veaux mort-nés. Moins de 5% de mortalités, c’est normal surtout s’ils sont étalés. Entre 5 et 10%, j’approfondis avec l’éleveur les causes qui peuvent s’expliquer par des suivis d’élevages. A plus de 10% de mort-nés, c’est franchement problématique et ça nécessite de pousser plus loin le diagnostic. Ma suspicion sera d’autant plus forte qu’une ou plusieurs autres pathologies du post-partum sont également présentes dans des proportions supérieures à la normale.

XXLait : Conseillez-vous alors de faire des analyses de sang ?

PK: Les résultats de ces analyses sont très liés à l’animal et il faut donc en faire plusieurs pour révéler des problèmes de troupeau. Ce qui peut se révéler couteux. Personnellement, je mesure le pH urinaire sur quelques vaches à moins de quinze jours du terme. C’est très simple. Une vache alimentée avec une ration de préparation au vêlage qui a toutes les chances de bien prévenir l’hypocalcémie a un pH urinaire entre 6,5 et 7 contre 8,1 à 8,3 quand elle reçoit une ration de production.

XXLait : Quels sont les principaux facteurs de risque de l’hypocalcémie ?

PK : Bien sûr, il y a le numéro de lactation, le déficit en magnésium. Mais, pour moi, le principal problème, c’est l’alimentation des taries à base d’herbe et de ses dérivés (ensilage, enrubannage et foin de bonne qualité) car elle est riche en potassium. Pour compenser sa richesse en potassium avec des sels anioniques afin de faire baisser la BACA, il faudrait en mettre de grandes quantités, ce qui est difficile car ils sont faiblement appétants. Il est bien sûr possible de préparer les taries sur des pâtures. Dans ce cas, on va limiter la surface disponible grâce à un fil et apporter quotidiennement une ration spécifique avec des apports suffisants en magnésium.

XXLait : Comment résoudre les problèmes d’hypocalcémie dans son troupeau?

PK : En investissant dans le préventif. Avec le curatif, en plus du coût des soins, vous devez compter les pertes de production, les pertes de temps, la désorganisation du travail,…

Le temps perdu à gérer des problèmes d’après vêlage, il vaut mieux le consacrer aux vaches taries !

XXLait : Quels sont alors vos conseils de prévention ?

PK : La pierre angulaire de la prévention, c’est le tarissement. Avec un tarissement réussi, on part sur de bonnes bases pour gérer:

  1. le déficit énergétique pré et post vêlage
  2. le déficit immunitaire 3 semaines avant et 3 semaines après le vêlage
  3. l’hypocalcémie.

Pour y parvenir, il faut à tout prix limiter la baisse d’ingestion avant le vêlage pour assurer une reprise rapide de celle-ci en post-partum. Une sous-ingestion juste après le vêlage réduira l’absorption intestinale de calcium ce qui favorisera le déficit énergétique responsable d’une mobilisation excessive des  réserves corporelles et d’une réduction de l’appétit.
Nombre d’éleveurs sont persuadés de distribuer une ration de préparation au vêlage en apportant simplement un minéral spécial tarissement. Une vraie ration de préparation au vêlage doit être bien calée au niveau de la BACA (avec des sels anioniques comme le chlorure de magnésium), apportée suffisamment de magnésium (et pas trop de phosphore) et d’énergie pour maintenir l’état corporel sans amaigrissement. On contrôle l’adéquation de la ration avec des évaluations d’état corporel, de remplissage du rumen, de pH urinaires voire des analyses de sang pour mesurer les acides gras non estérifiés (AGNE), les corps cétoniques et la glycémie.

XXLait : Et que faut-il surveiller après le vêlage ?

PK : Le vêlage demande le même effort physique pour une vache qu’un marathon pour un homme ! Il faut donc lui permettre de récupérer. Alors qu’une vache a besoin de boire abondamment, elle ne dispose souvent que d’un abreuvoir à palette dans le box de vêlage ! Apportez-lui deux seaux d’eau tiède avec des électrolytes et vous serez surpris de la quantité d’eau qu’elles boivent. Après le vêlage, la prévention consiste principalement à favoriser l’ingestion grâce à l’accès à l’auge, l’accès à l’eau, la prévention des boiteries et une ration de lactation adaptée.

Réduire encore davantage le nombre de cas d’hypocalcémie grâce à l’utilisation ciblée de bolus de calcium type Bovikalc®

L’université du Wisconsin (USA) a conduit une étude sur 928 vaches de 2 lactations et plus produisant 11 340 kg de lait en moyenne. Pendant leur préparation au vêlage, elles ont été alimentées avec une ration spécifique bien calée supplémentée en sels anioniques. La moitié des vaches ont reçu, en plus et en prévention, un bolus de calcium Bovikalc®. Les cas de fièvres vitulaires ont été extrêmement rares (0,7% des vêlages). Les 324 laitières identifiées à risque d’hypocalcémie clinique et subclinique (1) qui ont reçu des bolus de calcium ont produit 406 kg de lait de plus que celles du groupe des témoins. L’ensemble des vaches ayant reçu des bolus Bovikalc® ont produit 144 kg de lait en plus en moyenne.

 

Pour plus d’infos sur Bovikalc®, rendez-vous sur notre page catalogue.

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