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Du grain pour le rendement et de bonnes fibres pour densifier l’énergie des rations des hautes productrices 5
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Du grain pour le rendement et de bonnes fibres pour densifier l’énergie des rations des hautes productrices

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Pour leurs maïs fourrage, les éleveurs ont le choix entre trois grands profils énergétiques selon la richesse en amidon et la digestibilité des fibres. Analyse de leurs différences de valeur alimentaire et des conséquences en élevage par Alexis Férard, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal.

L’énergie des maïs fourrage provient de leur amidon et de la part digestible de leurs parois végétales. En fonction de leur digestibilité des fibres et de leur teneur en amidon dégradable, trois catégories se dessinent :

  1. les maïs à profil « fibres » avec une bonne digestion des fibres et une teneur modérée en amidon
  2. les maïs fourrage à profil « grains » riches en amidon, mais, généralement, aux fibres plus lignifiées
  3. une catégorie intermédiaire combinant une bonne digestion des fibres et une teneur en amidon sécurisante.
Alexis Férard

Les maïs Powercell™ appartiennent à cette troisième catégorie. Le semencier Syngenta, en collaboration avec Arvalis-Institut du végétal, a mis en place un essai pour comparer, à différents stades de maturité du maïs, la valeur alimentaire entre ces différents profils de maïs fourrage. Alexis Férard, Ingénieur valorisation des fourrages à Arvalis-Institut du Végétal analyse les premiers résultats de cet essai et en évalue les conséquences pour un éleveur laitier.

Dès 30% de MS, une bonne DMO

Dès 30% de matière sèche, un maïs a déjà une bonne valeur énergétique mesurée par la digestibilité de la matière organique, la DMO. Les maïs Powercell et les maïs à profil « fibres » acquièrent très tôt une haute DMO qui se maintient sur l’ensemble de la plage optimum de récolte. C’est lié à la bonne digestibilité des fibres de ces deux maïs à ce stade, auquel s’ajoute un remplissage précoce des grains pour les variétés Powercell. Les maïs fourrage à profil « grains » de l’essai doivent attendre le remplissage de leurs épis pour augmenter leur valeur énergétique. La DMO de Powercell diminue à sur-maturité (à 39% de MS !) car, à ce stade, ses grains présentent une forte proportion d’amidon vitreux qui est moins disponible pour les bovins.

Des fibres digestibles pour densifier l’énergie des rations

Le dNDF est un critère qui mesure la digestibilité des parois végétales. Dans l’essai, les maïs fourrage typés « grains » ont la moins bonne qualité des fibres au stade optimum de récolte. C’est important d’avoir à l’esprit qu’il n’y a désormais plus de lien direct entre la couleur des tiges et des feuilles et leur digestibilité. Vous trouvez des maïs verts avec une faible digestibilité de l’appareil végétatif et, inversement, des maïs grillés avec des tiges et des feuilles de bonne qualité. En nourrissant de jeunes bovins avec ce type de maïs grillé, dosant 2 % d’amidon, nous avons mesuré que leur valeur énergétique pouvait réellement atteindre 0,90 UFL ! Avec des vaches hautes productrices, la seule manière de concentrer l’énergie de leurs rations, c’est d’améliorer la qualité des fibres car le taux d’amidon est déjà un facteur limitant avec des risques d’acidose. Les éleveurs américains travaillent la qualité des fibres, par exemple, en récoltant leurs luzernes à un stade jeune, en cultivant des sorghos BMR… En France, tous les éleveurs n’ont pas encore cette prise de conscience.

Moins de NDF indigestible, c’est plus d’ingestion

La quantité de NDF indigestible, c’est la part du maïs que la vache ne va pas valoriser, ce que l’on va retrouver dans les bouses. Elle dépend, à la fois, de la quantité de parois (mesurée en g de NDF / kg MS) et de leur digestibilité. Dans notre essai, les quantités de NDF indigestibles, au stade optimum de récolte, sont les plus faibles pour les maïs Powercell et ceux à profils « fibres ». Les maïs Powercell, se caractérisent par une quantité similaire de fibres que les variétés typées « fibres » et une meilleure digestion de ces fibres que les maïs fourrage typés « grains ». Concrètement, moins il y a de NDF indigestible, meilleure est l’ingestion de maïs. Cette année, la moitié de la diminution de lait observée par les éleveurs est due à une quantité de NDF indigestible plus importante. Certes, la digestibilité des parois est globalement bonne cette année. Mais, les maïs sont plus riches en parois végétales. Ce qui a entrainé une baisse moyenne de consommation des rations à base de maïs d’environ 0,5 kg MS par vache à l’échelle de la France.

Avec la maturité du maïs, la dégradabilité de l’amidon diminue

Le maïs accumule de l’amidon avec l’avancée de son stade de maturité. C’est ce qui permet, à 60 %, de faire son rendement. Les variétés à profil « grains » et les variétés Powercell produisent plus d’amidon dégradable dans le rumen que les variétés « fibres ». Mais, au-delà d’un certain stade de maturité, le grain présente une forte proportion d’amidon vitreux qui se dégrade moins bien dans le rumen que l’amidon laiteux ou pâteux. On observe ce phénomène pour les variétés Powercell à sur-maturité : la teneur en épis continue d’augmenter mais l’amidon est moins disponible pour les vaches au-delà de 35 % de matière sèche. D’où l’importance, quel que soit le maïs, de bien « viser » un stade optimum de récolte autour de 33 % de matière sèche. Quand on ensile un maïs riche en amidon et en sur-maturité, il faut apporter de la fibre digestible dans la ration. La fibre va ralentir le transit et donner plus de temps aux microbes du rumen pour digérer l’amidon. Certes, les quantités de maïs ingérées vont diminuer, mais le maïs sera plus complètement digéré et l’apport énergétique initial sera moins gaspillé.

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