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Au Gaec des Cèdres : les génisses gagnent du poids et les éleveurs gagnent du temps

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Au Gaec des Cèdres, les génisses doublent leur poids au sevrage à dix semaines tout en sautant les buvées du dimanche. Mode d’emploi.

« Jusqu’à aujourd’hui, nous gardions toutes nos génisses, mais nous en avons trop par rapport à la surface fourragère disponible » explique Nicolas Grimaud qui, en association avec son frère Adrien, dirige une exploitation spécialisée en lait dans le Maine et Loire. Les deux éleveurs ont donc décidé de ne garder qu’une trentaine de génisses pour renouveler leur troupeau de 80 laitières. « Nous allons donc inséminer les quinze meilleures génisses avec des semences sexées et une trentaine d’animaux avec des semences conventionnelles. Les vaches les moins performantes seront croisées avec des races à viande » poursuit Nicolas Grimaud pour décrire sa stratégie de reproduction. A l’avenir, le troupeau laitier restera toujours en races mixtes avec une moitié de Brunes et l’autre moitié de Prim’Holsteins. L’introduction de la race Brune a été décidée en 2000, lors d’un agrandissement, pour améliorer le TP et le TB de 2 à 3 points et pour la rusticité. L’autre objectif des deux associés est de réduire la période improductive des vaches en diminuant l’âge au vêlage de 26 à 24 mois. « La croissance doit donc être rapide, de l’ordre de 800 g par jour, tout au long de la période d’élevage afin d’atteindre 380 kg à l’insémination. Pour cela, il faut une bonne alimentation et pas beaucoup de problèmes sanitaires. Une grande partie du résultat repose sur la période de sevrage » analyse l’éleveur.

La moitié des animaux sont de race Brune et l’autre moitié de race Prim’Holstein.

Du temps pour l’hygiène

Il applique des pratiques préventives rigoureuses qui commencent par une préparation au vêlage de quatre semaines avec distribution d’un minéral spécifique. Dès la naissance, tous les veaux reçoivent, à la sonde, 1,5 litre (2) de colostrum trié et congelé, puis passent leurs douze premières heures avec leur mère. « Tous les colostrums sont pesés au pèse colostrum et nous ne retenons que ceux dosant au minimum 50 à 60 g d’immunoglobulines par litre de lait. Au final, nous congelons les colostrums du quart des mères » commente l’éleveur. « Pour nous, distribuer du colostrum congelé est pratique. Par exemple hier soir, après la naissance d’un veau, je suis allé dîner et j’ai décongelé du colostrum pendant ce temps. »

De la naissance au sevrage, les veaux sont élevés en cases individuelles. « Ça facilite la surveillance des veaux ; dès que l’un d’eux est malade nous le voyons tout de suite. Certes, cela nécessite plus de nettoyage, mais, en contrepartie, j’estime que nous gagnons du temps sur les soins car nous avons peu de problèmes sanitaires. »

A chaque départ de veau de la nurserie, la litière est enlevée, la case est nettoyée au seau d’eau et au balai brosse puis désinfectée. Les éleveurs arrêtent d’inséminer pendant les mois de mars et d’avril ce qui permet un vide sanitaire de deux mois   ainsi, l’absence de vêlages en décembre et janvier permet. L’ensemble des équipements est alors démonté, le bâtiment lavé du sol au plafond puis désinfecté. Autre mesure d’hygiène : les Milk Bar sont nettoyés après chaque repas et désinfectés à l’eau de javel de temps en temps. « Consacrer du temps à l’hygiène prendra toujours moins de temps que de traiter les veaux » commente Nicolas Grimaud. Les résultats sont là pour le prouver : le taux de mortalité est de 5 % dont 3 % d’avortements; cette année, un seul veau a été traité aux antibiotiques. « Tous les veaux nés à partir de fin août sont vaccinés contre les maladies respiratoires » précise l’éleveur pour compléter ses mesures de prévention sanitaire.

Les Milk Bars sont lavés après chaque buvée et désinfectés régulièrement à l’eau de javel. Une hygiène rigoureuse contribue à limiter les problèmes sanitaires dans l’élevage.

Pas de buvée le dimanche

Le programme alimentaire de la naissance au sevrage a été défini et affiné pour répondre à trois objectifs : 1/ une croissance soutenue,  2/ la sécurité digestive et 3/ la simplification du travail. Il est validé par la pesée de tous les veaux à la naissance, au sevrage ainsi qu’autour de l’insémination grâce à une bascule achetée en CUMA (3) . Dans l’élevage, la simplification du travail est poussée jusqu’à supprimer la distribution d’aliment d’allaitement le dimanche, matin et soir. Chacun des deux associés prend un week-end sur deux, du vendredi soir au lundi matin. Seuls les veaux d’une semaine alimentés au lait entier sont nourris le dimanche et, encore, seulement le dimanche matin. « Pour ne pas pénaliser la croissance en sautant les repas du dimanche, les veaux doivent avaler leur kilo quotidien d’aliment d’allaitement dès la deuxième semaine d’élevage » conseille Nicolas Grimaud. « Cette technique les incite à manger de l’aliment solide qui doit-être appétent » observe-t-il.

Pendant au minimum huit jours, les veaux sont alimentés au lait entier, jusqu’à huit litres par jour en deux repas, avant de passer à l’aliment d’allaitement (voir le plan de distribution, tableau 1). « Nous avons décidé de distribuer cette quantité de lait entier pour habituer les veaux à faire leur caillé car nous montons très vite à 1 kg par jour d’aliment d’allaitement à base de poudre de lait écrémé pour sauter les repas du dimanche » justifie l’éleveur. Le passage à la poudre de lait se fait sans transition particulière. « Nous passons à l’aliment d’allaitement toujours un lundi. Comme nous ne distribuons pas de lait le dimanche soir, les veaux se vident. En faisant ainsi, nous n’avons jamais eu de problème de transition » commente-t-il.

Doubler le poids de naissance au sevrage

Les éleveurs ont choisi de travailler avec un aliment d’allaitement à base de poudre de lait pour deux raisons. « Tout d’abord, c’est un aliment plus sécurisant, qui se digère plus facilement que le lait entier. Nous en avons eu une illustration pendant les récents épisodes de forte chaleur : les veaux mâles alimentés au lait entier souffraient plus de problèmes de digestion que les femelles nourries à la poudre de lait. Ensuite, cela nous simplifie l’organisation du travail car, il est possible d’alimenter les veaux à l’heure souhaitée sans tenir compte des horaires de traite » argumente Nicolas Grimaud. « Nous choisissons plutôt un aliment haut de gamme avec un bon taux de poudre de lait écrémé pour respecter la digestion naturelle du veau avec la formation d’un caillé. Nos autres critères sont un taux de protéines autour de 24 à 27 %, un taux de matières grasses autour de 20 % et, si possible, sans huile de palme pour des raisons éthiques » poursuit l’éleveur. Il distribue l’aliment d’allaitement « StarTop » de marque Eurovo ® (4)

Tableau 1 : Programme de distribution de l’aliment d’allaitement au Gaec des Cèdres.

PériodesNombre de repas / jQuantité par repas (en litres)Quantité par jour (en litres)
Lait entier
Semaine 12 repasDe 2,5 à 4 litresDe 5 à 8 litres
Aliment d’allaitement Eurovo (1)
Semaines 2 à 6       (5 semaines)2 repas2, 5 litres5 litres
Semaine 72 repas2 litres4 litres
Semaine 81 repas4 litres4 litres
Semaine 91 repas3 litres3 litres
Semaine 101 repas2 litres2 litres
Sevrage à 10 semaines environ quand le veau a doublé son poids de naissance et est capable de consommer 2 kg de concentrés solides.

Jean-Yves Rineau, directeur des ventes Elevage France Lactalis Feed :

« Eurovo Expert : très riche en protéines laitières pour améliorer la croissance musculaire »

Sur la période de la naissance au sevrage, un grand nombre d’éleveurs recherche pour l’allaitement de leurs génisses à la fois de la sécurité digestive, de la praticité, de bonnes croissances et des économies. Lactalis Feed a mis au point « Eurovo Expert »,  une nouvelle solution répondant à ces attentes. C’est un aliment d’allaitement contenant 26 % de protéines brutes exclusivement laitières, allégé en matières grasses brutes (17%), sans cellulose et enrichi en probiotiques. « Eurovo Expert » permet

  • une croissance musculaire optimisée,
  • une prévention efficace des troubles digestifs et la réduction des coûts associés,
  • une dilution facile et une distribution possible en un seul repas par jour dès la seconde semaine d’âge,
  • un passage sécurisé et plus rapide en post-sevrage.

Gaec des Cèdres, Bourgneuf-en-Mauges (49)

  • 2 associés, Nicolas et Adrien Grimaud
  • 80 vaches laitières pour 700 000 litres livrés.
  • Troupeau laitier composé pour moitié de Brunes et pour moitié de Prim’Holsteins.
  • 28 % de primipares.
  • TP de 34.1 g / kg et TB de 41.9 g / kg
  • IVV : 392 j (IA réalisées par l’éleveur).
  • 80 ha de SAU intégralement consommés par le troupeau laitier.

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