Home Organisation Earl Pottier : « Déléguer l’élevage des génisses permet aussi de meilleurs résultats techniques avec des coûts d’élevage identiques »
Earl Pottier : « Déléguer l’élevage des génisses permet aussi de meilleurs résultats techniques avec des coûts d’élevage identiques » 5
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Earl Pottier : « Déléguer l’élevage des génisses permet aussi de meilleurs résultats techniques avec des coûts d’élevage identiques »

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Fabrice Pottier, éleveur laitier en Mayenne, adhère au service DélegGénisse du Clasel (2) . Les résultats de ce choix : gain de temps mais aussi travail des salariés simplifié, résultats techniques améliorés et coûts d’élevage maitrisés.

« Sur l’atelier laitier, je travaille avec deux salariés et demi. Pour produire un million de litres de lait, nous devons, en théorie, travailler 11 000 heures (3) . Mes salariés assurant 4000 heures, il me reste 7000 heures à faire alors que je n’ai que 2500 heures disponibles. Ces chiffres, même théoriques, démontrent que déléguer une partie des travaux est indispensable dans mon exploitation » explique Fabrice Pottier à la tête d’un troupeau de 110 vaches en Mayenne. Il délègue la distribution de l’alimentation, les travaux de culture et de récolte ainsi que l’élevage de ses génisses de renouvellement en adhérant au service DélegGénisse ® proposé par le Clasel. Pour diminuer la charge de travail, l’une des alternatives aurait été d’arrêter l’engraissement des taurillons. Fabrice Pottier a préféré déléguer l’élevage des génisses pour quatre raisons.  « Premièrement, chez moi, la marge brute de 370 € par taurillon vendu est rémunératrice; deuxièmement, le travail autour des taurillons est plus simple pour des salariés que l’élevage des génisses qui demande beaucoup de surveillance ;  troisièmement, j’ai investi avec d’autres éleveurs dans un méthaniseur, et l’atelier taurillons fournit régulièrement du fumier pour l’alimenter ; enfin, développer le nombre d’ateliers permet d’embaucher des salariés et donc de pouvoir mieux organiser le travail sur l’ensemble de l’exploitation » analyse l’éleveur. Le temps gagné grâce à la délégation de l’élevage des génisses a permis de consacrer plus de temps à la conduite des laitières et d’améliorer les résultats de reproduction, la conduite au tarissement et le démarrage des veaux.

25 % de renouvellement 

 « Dans les Pays de Loire et la Charente Maritime, cinquante naisseurs délèguent l’élevage de leurs génisses à vingt agriculteurs que nous appelons les éleveurs » commente Nicolas Lair, l’animateur du service DélegGénisse pour le Clasel. « Leurs motivations sont le gain de temps, le souhait de ne pas investir dans des bâtiments génisses et l’augmentation du nombre de laitières qui prennent la place ou les surfaces initialement dévolues aux génisses » complète le technicien.

Fabrice Pottier s’engage sur un minimum de vingt-trois génisses par an à confier au service de délégation. « Je limite mon taux de renouvellement à 25 % pour maîtriser mes coûts de renouvellement. J’insémine avec de la semence de taureaux laitiers uniquement les mères de bonne valeur génétique, les autres sont croisées avec des races à viande » justifie l’éleveurLe nombre prévisionnel de génisses à élever peut être réévalué à la hausse tout au long de l’année. Pour ce faire, l’éleveur échographie l’ensemble des vaches afin de déclarer, six mois à l’avance, ses prévisions de délégation de génisses mois par mois. Les prévisions de l’ensemble des naisseurs permettent d’alloter les génisses selon leur âge.

Le naisseur démarre ses veaux jusqu’à 20 / 30 jours sur son exploitation, le temps de réaliser l’ensemble des contrôles sanitaires nécessaires puis les vend 200 € à l’éleveur.

400 € par génisse

 « Le naisseur démarre ses veaux  jusqu’à 20 / 30 jours sur son exploitation, le temps de réaliser l’ensemble des contrôles sanitaires nécessaires puis les vend 200 € à l’éleveur » décrit Nicolas Lair pour expliquer le fonctionnement du service. Un cahier des charges impose la conduite d’élevage des génisses pour obtenir un âge au vêlage entre 24 et 26 mois. Les performances de croissance sont contrôlées par des pesées régulières : à la naissance, lors du transfert à l’éleveur puis tous les trimestres. C’est le naisseur qui décide du plan d’accouplement. Il a l’obligation de racheter ses génisses avant le vêlage au prix actuel de 1500 €. Ce prix est indexé, en partie, sur l’évolution du prix du lait à la hausse ou à la baisse. « Le coût de production d’une génisse étant d’environ 1100 € hors main d’œuvre, j’estime le coût de la délégation d’élevage à 400 € par génisse. Ce coût finance la cotisation et le coût de fonctionnement du service ainsi que le travail de l’éleveur. Si je devais payer du temps de salarié pour élever mes génisses, le coût serait équivalent avec vingt heures de travail par génisse à 20 € l’heure » calcule Fabrice Pottier.

1000 génisses en délégation

Pour Nicolas Lair, le service DélegGénisse ne se limite pas à faire gagner du temps aux éleveurs. « Notre ambition est que les éleveurs adhèrent à ce service pour bénéficier d’une conduite d’élevage des génisses performante » argumente le technicien. Pour lui, c’est au démarrage, chez le naisseur, que les progrès techniques sont nécessaires pour faire baisser l’âge moyen au vêlage. Ce qui demande de travailler non seulement les conduites alimentaires et les pratiques d’hygiène, mais également les périodes de tarissement et de préparation au vêlage ainsi que la prise des quatre litres de colostrum dès la naissance.

Entre 2015 et 2017, le nombre de génisses confiées à DélegGénisse devrait doubler pour atteindre mille animaux. Le développement est porté par l’accroissement de la taille des cheptels laitiers. En effet, les grands troupeaux ont besoin de gagner du temps, de limiter les investissements dans les bâtiments et d’améliorer les résultats techniques atelier par atelier en distinguant les vaches en lait, les vaches taries et les génisses. Pour Fabrice Pottier, l’accroissement des besoins en trésorerie pour financer le rachat des génisses peut être un frein pour les éleveurs : « pour racheter mes 25 génisses de renouvellement j’ai besoin d’environ 38000 €. Il faut l’anticiper ».

Earl Pottier, Ambrières les Vallées (53)

  • 1 exploitant, M. Fabrice Pottier, et 3,5 ETP (1) salariés
  • 110 vaches à 9900 kg de lait pour produire 1 million de litres de lait
  • Taux de renouvellement : 33 %
  • Un atelier d’engraissement de taurillons (100 places).
  • 60 ha de cultures de vente (en plus des surfaces fourragères).

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