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« Devenir plus productif, y compris dans l’élevage des génisses »

« Devenir plus productif, y compris dans l’élevage des génisses »

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Les 3 associés du Gaec du Chaudron en Savoie préparent le départ en retraite de 2 d’entre eux. La productivité passera à 50 vaches par UTH avec le projet d’intégrer un nouvel associé. Dans cet objectif, la conduite des génisses a été revue pour gagner du temps et réduire l’âge au vêlage.

Fabrice Jacquet, sa mère Jeanine et son père Michel produisent 840 000 litres de lait avec leurs 110 montbéliardes. 500 000 litres sont transformés en fromages de Savoie (tomme, emmental et raclette), le reste en autres fromages de diversification également bien valorisés par leur coopérative de collecte, les Fruitières de Savoie. Le cahier des charges IGP Savoie impose une nourriture sans ensilage et sans OGM avec l’apport d’herbe fraîche sous forme de pâturage ou d’affouragement en vert pendant 150 jours. En contrepartie, les éleveurs ont été rémunérés 436 € / 1000 litres en 2017.

Productivité

Le départ en retraite programmé dans 4 ans des deux parents et la modernisation des bâtiments d’élevage pour y faire face, conduisent à rechercher une bonne productivité des vaches et du travail. Le projet de Fabrice Jacquet est d’intégrer un nouvel associé pour les remplacer et de quitter une partie de ses responsabilités professionnelles très chronophages . Dans cette configuration, la productivité du travail atteindra 50 vaches et 400 000 litres par UTH malgré un système fourrager basé exclusivement sur l’herbe. Pour y parvenir, le bâtiment des vaches laitières a été aménagé sur caillebotis, un nouvel équipement de traite est à l’étude et la conduite des génisses a été repensée.

Nurserie semi-ouverte

En 2016, une nouvelle nurserie semi-ouverte équipée d’un DAL a été construite pour rassembler tout l’élevage des génisses sur le même site que les vaches. De la naissance à 8 jours environ, les génisses sont élevées en niches individuelles puis sont déplacées dans cette nurserie où elles restent jusqu’à l’âge de 6 mois. Simultanément, les éleveurs poursuivent l’objectif de diminuer l’âge au vêlage des génisses de 28,5 à 24 mois. « Ainsi, nous diminuerons la durée de la vie improductive des vaches, élèverons moins de génisses (90 au lieu de 120) et  économiserons donc de la surface fourragère » argumente Fabrice Jacquet. Afin de maintenir une sélection très exigeante du troupeau, toutes les génisses sont élevées et intégrées dans le troupeau afin de vendre, à l’avenir, des vaches en lait. Jusqu’à présent, l’élevage de l’intégralité des génisses a permis de passer, entre 2011 et 2015,  de 60 à 110 vaches sans achat et, ensuite, de renouveler les vaches dont la carrière avait été prolongée pour assurer la croissance du troupeau.

Une nurserie ouverte au sud a été construite en 2016. Un filet brise-vent permet de fermer le bâtiment. Mais, depuis sa construction, il n’a jamais été abaissé. Il est aménagé en 7 cases de 3 mètres de large séparées par des cloisons en bois pour protéger des courants d’air. Les deux premières cases sont des cases d’allaitement équipées chacune d’un DAL. Un couloir intérieur permet la distribution du foin, des concentrés et de l’eau.

Doubler le poids de naissance au sevrage

L’alimentation de la naissance au sevrage a été revue pour qu’au sevrage (à 80 jours aujourd’hui avec un poids de naissance multiplié par 2) sur les conseils de la technicienne du Groupe «  La Dauphinoise. Dès la naissance, elles reçoivent 4 litres de colostrum par drenchage. « C’est toujours le colostrum de la mère. En effet, lorsque nous pesions les colostrums, nous n’observions pas de grande variabilité de qualité dans notre élevage » justifie Fabrice Jacquet. Les veaux continuent de boire le lait de la mère pendant 2 jours puis passent sans transition à l’aliment d’allaitement. En prévention de la cryptosporidiose, une phytothérapie est appliquée pendant 8 jours et tous les veaux sont vaccinés contre les maladies respiratoires. Une fois transférés dans la nurserie (après 8 jours), ils sont alimentés au DAL à raison de 2 ou 3 repas de 2,5 litres chacun. Avec cet équipement, les éleveurs ne passent que 20 minutes le matin et 15 minutes le soir à soigner la quarantaine de génisses présentes dans la nurserie.

« Nous avons opté pour l’aliment d’allaitement, Eurovo Expert ® , parce qu’avec 26 % de protéines, il est plus riche que la moyenne. A l’œil, nos génisses sont moins rondes et peuvent paraître moins jolies qu’avec du lait entier, mais elles se développent bien pour donner de belles vaches » argumente l’éleveur. A partir de 10 jours, les génisses reçoivent un concentré à 18 % de protéines qui est distribué jusqu’à 6 mois. Il s’est imposé car c’est le seul concentré pour génisses sans OGM à la gamme de leur fournisseur . « A l’usage, un seul aliment sur toute la période d’élevage facilite la transition après le sevrage » observe l’éleveur. En plus de foin séché en grange distribué à volonté, les génisses en ingèrent quotidiennement autour de 2 kg au sevrage et la consommation augmente jusqu’à 3 kg à 6 mois.

Tous les mois, les génisses sont pesées au mètre ruban ce qui permet d’estimer un GMQ de 880 g en moyenne entre la naissance et 6 mois. Les éleveurs vont préciser ce résultat en pesant les génisses à la naissance avec un pèse-personne (ndlr : aujourd’hui, le poids à la naissance est estimé à 45 kg pour tous les veaux) et en mesurant leur hauteur au garrot avec une toise. Ils vont également intégrer le référentiel élevage des génisses animé par Lactalis Feed pour calculer leur coût alimentaire et confronter leurs résultats technico-économiques aux autres élevages du référentiel (voir encadré 1). « Pour moi, sur cette période 0 à 6 mois, les résultats techniques priment avant la recherche de baisse de coût. C’est l’avenir de notre troupeau qui se joue et il ne faut pas faire de fausses économies» conclue Fabrice Jacquet.

Gaec le Chaudron à Boussy (74)

  • Exploitation spécialisée en élevage laitier. La totalité de la surface est consommée par le troupeau laitier.
  • 3 associés : Fabrice Jacquet, sa mère Jeanine et son père Michel.
  • 110 vaches laitières de race montbéliarde pour produire 840 000 litres de lait.
  • 8500 kg / VL (Moyenne France en race montbéliarde : 7100 kg) avec un TB de 35 g/kg et un TB de 39 g/kg.
  • IVV de 394 jours.
  • SFP : 63 ha d’herbe (25 ha de prairies naturelles, 38 ha de Prairies Temporaires dont 18 ha de Luzerne) et 15 ha d’ensilage de maïs épis.

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