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Descendre à moins d’un kilo de tourteau par vache

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Ce sont les ensilages de méteils et de mélanges multi-espèces qui doivent couvrir l’essentiel des besoins en protéines des 120 montbéliardes du Gaec Pogévia dans l’Ain.

Pascal Blanc et Patrick Goiffon, les deux associés du Gaec Pogevia, exploitent 190 ha à Sandrans dans le département de l’Ain, au nord-est de Lyon, dans la région de la Dombes. Depuis 2015, ils ont totalement repensé leur système fourrager pour réduire les coûts alimentaires, sécuriser les stocks et améliorer la fertilité des sols autour de trois fondements. Tout d’abord, une plus grande autonomie alimentaire. « Avec la volatilité du prix du lait et des cours des tourteaux, nous cherchons à produire le maximum de l’alimentati on des vaches sur l’exploitation » explique Pascal Blanc, en charge du troupeau laitier. Ensuite, la constituti on d’un maximum de stocks fourragers au printemps car les éleveurs observent que les étés sont de plus en plus chauds et que les maïs souffrent comme lors de l’été 2015. Enfin, produire de façon écologiquement intensive. Pour réduire les fertilisations et les traitements afin de diminuer le coût de production des fourrages, les deux associés installent des cultures qui améliorent la fertilité du sol dans des rotations qui laissent le minimum de sols nus l’hiver. « Nous sommes écologiques tout en restant intensifs, car il faut que l’on produise du volume si l’on veut conserver de la marge » insiste Pascal.

Autonomie alimentaire

Les éleveurs ont inversé leur façon de raisonner l’alimentation les vaches. « Nous produisons des fourrages riches en protéines que nous complémen tons avec de l’ensilage de maïs épis » résume Pascal (voir leur ration de l’hiver 2016 / 2017, tableau 1) « Avec ce type de ration, il est possible d’alimenter des vaches à 8000 kg avec seulement 1 kg de tourteau de soja par vache et par jour en hiver. Nous avons même un éleveur qui est descendu à 500 grammes » affirme Camille Olier conseillère fourrage chez Acsel Conseil Elevage  qui suit un groupe d’éleveurs de la Dombes en pleine évolution de leur système fourrager. « Mais, cette année, nous n’avons pas pu diminuer d’autant la complémentation car la teneur en matière azotée des méteils d’automne était seulement de 14 %, à cause de soucis de levée et d’étouffement par la vesce de printemps » nuance Pascal. Les éleveurs comptent sur les ensilages de méteils et de mélanges multi-espèces pour couvrir l’essentiel des besoins protéiques des vaches. En 2016, sur 18 hectares, ils ont semé un méteil d’été récolté en automne suivi d’un méteil d’hiver  ensilé début mai. Huit hectares de méteils d’automne semés derrière maïs complètent les besoins. Avec deux méteils successifs en dérobée, un d’été suivi d’un d’automne, Camille Olier assure qu’il est possible de récolter neuf à dix tonnes de mati ère sèche à 18 % de matière azotée. « Sur les méteils d’été, la germination n’est pas assurée et sur les méteils d’automne, il faut que je rappuie plus le sol au semis pour améliorer les levées. En 2016, les rendements étaient trop aléatoires (de 3,5 tonnes MS dans les parcelles étouffées par la vesce à 8 tonnes MS dans les parcelles dominées par l’avoine) et les matières azotées trop variables (de 13 % à 15 %) » tempère Pascal.

Prairies multi-espèces riches en protéines

L’ensilage de 25 ha de prairies multi-espèces riches en protéines sécurise les stocks. Les nouvelles prairies sont d’abord exploitées en ensilage avant d’entrer dans le cycle du pâturage. Une parcelle de 8 ha d’un mélange multi-espèces de type M-Fauche (voir la description du mélange dans l’encart, plus bas) est destinée principalement à la fauche avec une coupe d’ensilage à fin avril suivie d’une coupe de foin pour les génisses. Puis, cette parcelle est pâturée en été. « Les mélanges que nous choisissons contiennent une forte proportion de fétuques et de dactyles qui restent productives en conditions chaudes et qui sont bien adaptées à la récolte en ensilage et en foin à cause de leur taux de matière sèche élevé. Ils sont également riches en légumineuses pour espérer des fourrages autour de 18 % de matière azotée » énumère Pascal pour justifier ses choix de composition.
De la mi-mars à mi-juillet, les vaches sont au pâturage tournant dynamique (un paddock par jour) avec une distribution complémentaire de maïs sur juin et juillet. De la mi-juillet à fin août, les vaches sont nourries à l’auge puis, elles retournent au pâturage jusqu’à la mi-novembre.
Sur l’ensemble de l’année 2016, le coût alimentaire est de 113 € par 1000 litres , soit un gain de 30 € par 1000 litres par rapport à la moyenne des éleveurs en ration hivernale conventionnelle à base de maïs.

Le mélange M-Fauche concilient richesse en protéines et densité énergétique

« Ici, dans la Dombes, les sols sont trop hydromorphes et trop acides pour la luzerne cultivée en pure. Les mélanges multi-espèces comme M-Fauche sont donc une bonne alternative aux légumineuses pures » explique Philippe Dietschy, responsable commercial chez Jouffray-Drillaud. Récoltés jeunes, ces mélanges fournissent un ensilage riche en protéines et dense en énergie. « L’un des éleveurs que nous suivons en Bourgogne a ensilé à 0,98 UFL et 18 % de MAT à la mi-avril » illustre Philippe Dietschy.
Le mélange M-Fauche est composé à part égale (en poids de graines) de graminées (fétuque, dactyle et ray-grass) et de légumineuses : trèfle violet et luzerne dont les semences sont pré-inoculées. Cette composition est donc éligible au Plan Protéines. La luzerne apporte de la productivité et améliore la teneur en protéines des mélanges de fauche. Le fait d’être intégrée dans un mélange lui assure une bonne tenue dans le temps dans les sols limitants selon Philippe Dietschy. Deux variétés complémentaires de luzerne et de trèfle violet composent le mélange M-Fauche.
« Avec l’INRA, dans le cadre du programme PRAISE , nous avons montré qu’avoir plusieurs variétés complémentaires pour une même espèce augmente la stabilité dans le temps et la résistance aux stress des mélanges fourragers » justifie le collaborateur de Jouffray-Drillaud.

Gaec Pogévia à Sandrans (01)

  • 2 associés et 1 salarié (2,5 UTH en lait)
  • 120 montbéliardes à 7800 kg / VL
  • 1 million de litres de lait conventionnel (250 000 litres par trimestre)
  • TP : 33,5 g / kg et TB : 43 g / kg
  • Intervalle Vêlage – Vêlage : 400 jours
  • Autres ateliers : 45 ha de céréales (30 ha de blé et 15 ha de maïs grains)

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