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Une CUMA qui porte bien son nom

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Libérer du temps et bénéficier de machines performantes à un coût maîtrisé : c’est ce que promet la CUMA du temps libre, dans le Cantal, à ses 23 adhérents.

Huit heures trente, l’au­tomotrice de la CUMA du temps libre pénètre dans la cour de ferme de Clément Raymond, à Ladinhac près d’Aurillac dans le Cantal, et ressort une bonne vingtaine de minutes plus tard après avoir alimenté les 110 vaches et les génisses. L’éleveur était déjà équipé d’une remorque mélangeuse avant d’ad­hérer à la CUMA du temps libre. Il avait calculé qu’elle lui coûtait 22 € / 1000 litres sans compter le temps de travail alors que la distribution en CUMA lui est facturée 17 € / 1000 litres. « C’est plus économique et je gagne une heure et demi de travail par jour. C’est le week-end que j’apprécie le plus ce temps li­béré. Nous travaillons à deux, un week-end sur deux. Avant d’adhérer à la CUMA, l’un distribuait et l’autre trayait. Après, nous avons pu traire à deux et rentrer plus vite chez soi » se félicite Clément. Maintenir du lien social avec ses confrères dans un contexte de déprise laitière, c’est l’une des autres raisons, pour l’éle­veur, d’adhérer à la CUMA.

17 € / 1000 litres

Aujourd’hui, 23 élevages de 25 à 110 vaches adhèrent à la CUMA du temps libre qui est équipée de deux automotrices de 13 m3 à vis verti­cale. « Avec 3,5 millions de litres par machine, nous sommes tout juste au seuil de production pour tenir un coût de 17 € / 1000 litres. C’est le temps passé sur la route qui coûte cher. Pour rester compétitif, il faut un réseau d’adhérents qui produisent 100 000 litres de lait / km de circuit de distri­bution » calcule Clément Raymond, également trésorier de la CUMA. Les nouveaux adhérents sont admis sous conditions que les circuits res­tent cohérents et que le chauffeur ne descende pas de la machine dans l’élevage. « En moyenne, les rations sont chargées, mélangées et distri­buées en une vingtaine de minutes » constate Clément.

Automotrice garantie 5 ans

L’une des deux automotrices est en cours de remplacement. Le pre­mier critère de choix est le gabarit compact de la machine, car il faut qu’elle passe dans les bâtiments de tous les adhérents. « Ensuite, ce qui est important, c’est la bonne homogé­néité du mélange. Dès que la qualité du mélange se dégrade, par exemple parce que la machine s’use, certains de nos adhérents le remarquent car le taux d’urée du lait augmente. Avec une bonne machine, les rations sont plus efficaces. C’est pourquoi, nous allons changer pour une machine à vis verticale double dans l’espoir d’amé­liorer encore la qualité du mélange » explique Jean-Marc Brunhes, l’un des adhérents à la CUMA. Clément Raymond, en tant que trésorier, re­garde la durée de la garantie qu’il peut obtenir du constructeur car, avec des prestations facturées à prix serré, les coûts de maintenance ne doivent pas déraper. C’est pour­quoi, la CUMA renouvelle le maté­riel dès l’extinction de la garantie. Pour leur dernière acquisition, ils ont obtenu une garantie de 5 ans.

5 heures de travail sauf le dimanche

Les chauffeurs débutent leurs tour­nées de distribution à partir de 7 heures. Vers midi, les deux mé­langeuses sont soufflées (tous les jours) et lavées (tous les deux jours). « Chaque machine ne travaillant que 5 heures par jour, nous pouvons faire face à une panne sur l’une d’elles. L’autre peut la remplacer en prolon­geant le travail » indique Jean-Marc Brunhes. Les éleveurs informent leurs chauffeurs des changements de ration et du nombre de vaches sur une ardoise lisible par le chauf­feur de sa cabine. « Cela demande de la rigueur pour actualiser à temps cette ardoise, car lorsque le chauffeur a quitté l’exploitation, il est trop tard » insiste Jean-Marc. Les chauffeurs ne travaillent pas le dimanche. Le vendredi matin, ils préparent 130 % des rations pour couvrir les besoins jusqu’au samedi midi et, le samedi après-midi, une distribution de 170 % des rations permet de tenir jusqu’au lundi matin.
Le fonctionnement de la CUMA repose sur le recrutement et la fidélisation de chauffeurs qui acceptent de travailler à temps partiel annualisé. « Nos deux chauffeurs sont également agriculteurs. Les 1200 heures de travail que nous leur fournissons, sont un complément d’activité bienvenu » précise Clément Raymond.

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