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Coût de fonctionnement : le robot tient ses promesses ! 5

Coût de fonctionnement : le robot tient ses promesses !

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Entre une automotrice et un robot d’alimentation, le Gaec Leroy du Taillis, dans la Manche, a clairement préféré ce dernier. Après trois années de fonctionnement, retour d’expérience avec Jérôme Leroy.

« Notre idée initiale était d’investir dans une mélangeuse au­tomotrice. Nous avons découvert l’exis­tence des robots d’alimentation par hasard, grâce à un reportage réalisé à la SCL Gallon, l’un des pionniers dans l’utilisation des robots de distribution en France » commence Jérôme Leroy pour expliquer pourquoi, avec son père Jean-Pierre, ils ont choisi ce matériel pour alimenter leurs 300 bo­vins. C’était en 2013. Trop de vaches étaient en acétonémie, car elles pré­féraient l’ensilage de méteil distribué par-dessus le maïs avec la simple dé­sileuse qui équipait, à cette époque, l’exploitation. Pour résoudre le pro­blème, la ration mélangée s’imposait.

Mise en route en 2014

« Comparé à l’achat d’une automotrice de 15 m3, l’investissement supplé­mentaire dans un robot se chiffrait à 50 000 € . Une somme tout à fait raisonnable quand on considère le gain de temps de travail, le faible coût de fonctionnement et la durée de vie supé­rieure à 20 ans, comme en témoignent plusieurs installations au Canada » ar­gumente Jérôme.
En 2014, l’installation, de marque Robivec®, est mise en route pour alimenter la centaine de laitières, les génisses de renouvellement et la cen­taine de taurillons. Les trente vaches allaitantes, élevées sur un autre site, sont affourragées grâce à une dérou­leuse de balles rondes. La « cuisine » est équipée de trois trémies à char­ger en fourrage avec un désile-cube et d’une dérouleuse de bottes rondes qui coupe les brins et les envoie vers la mélangeuse. « Il faut une trémie par type de fourrage. Nous en avons une pour l’ensilage d’herbe, une autre pour l’ensilage de maïs et une troisième, plus petite, pour l’ensilage de maïs épis. La dérouleuse de balles rondes absorbe tous les types de brins longs que ce soit du foin ou de l’enrubannage » décrit Jérôme. La trémie d’ensilage d’herbe est chargée deux fois par semaine et celle de maïs tous les deux ou trois jours. « Si les cubes d’ensilage ne s’écroulent pas au chargement, les four­rages ne chauffent pas. C’est un coup de main à prendre au début. Il faut éga­lement bien nettoyer les pieds de silo pour ne pas laisser le maïs chauffer à cet endroit » informe l’éleveur.

5 heures de travail par semaine pour nourrir plus de 300 bovins

Le robot, d’une capacité de 800 kg bruts, a trois fonctions : il mélange, distribue et repousse les rations dans l’auge. Il se déplace sur un rail sus­pendu à des potences en IPN pour alimenter trois bâtiments qui exis­taient déjà avant l’installation du ro­bot : en bas du site, deux bâtiments en parallèle abritant les laitières et, plus haut, un bâtiment taurillons avec deux rangées en face à face. Entre le point haut et le point bas du rail, la pente est de 7 %. Le ro­bot prépare sept types de ration : une pour chacun des deux lots de laitières, deux pour les génisses et trois destinées aux taurillons. « Avec le robot, nous pouvons mul­tiplier le nombre de rations sans tra­vail supplémentaire. Nous pourrions, par exemple, soigner les taurillons à la case » apprécie Jérôme. Les vaches sont nourries huit fois par jour et les taurillons uniquement deux fois par jour.
Le système est vraiment très écono­mique à faire fonctionner. Charger les trémies demande quatre heures par semaine auxquelles il faut ajou­ter une petite heure hebdomadaire d’entretien pour nettoyer la dérou­leuse et le convoyeur ainsi que pour graisser les roulements. La consom­mation d’électricité est limitée à 2 € par jour en moyenne, sachant que le printemps, le robot circule moins souvent car le troupeau lai­tier pâture. L’éleveur est satisfait de la fiabilité de son équipement : « en trois années de fonctionnement, le temps d’arrêt cumulé ne dépasse pas un jour et demi. Il a soigné les animaux tous les jours ». Il estime le coût de maintenance à moins de 1000 € par an. « Il est recommandé de changer les quatre pneus d’entraînement tous les ans » précise-t-il.
L’impact sur les performances tech­nico-économiques du troupeau est difficile à évaluer, parce qu’aupara­vant, les rations n’étaient pas mé­langées. « Je pense que le robot fa­vorise l’ingestion car, quand il passe, les vaches se lèvent pour s’alimenter » observe Jérôme. L’éleveur préfère citer d’autres avantages : l’évolution du système avec la taille du troupeau en augmentant le nombre de trémies à fourrage ou le bon état des bétons des silos qui seraient plus dégradés avec une automotrice.

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