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Conduire un système d’exploitation rentable et efficace

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Ayant mis résolument le cap sur la production laitière, le GAEC Cap’Lait (300 vaches laitières, 130 ha) basé à Elincourt (59) recherche la performance technico-économique, mais aussi l’efficacité dans le travail.

C’est avant tout pour entreprendre que Patrick Arpin s’est installé en 1987, mais aussi pour construire, développer, réfléchir, et optimiser l’organisation. Il estime qu’aujourd’hui pour vivre correctement du lait, il faut le faire différemment. “Il n’y a pas de système idéal. Il est simplement important d’aller au bout de son système, qu’il soit intensif ou extensif, et d’être cohérent avec sa stratégie sans y déroger”,  affirme l’éleveur qui avec ses 3 associés, Séverine (son épouse), Hyacinthe (son beau-fils) et Ambre (sa fille), s’est fixé comme cap “le lait”.

Gaec Cap’Lait à Elincourt (59)

  • 300 vaches laitières dont 33% de génisses.
  • 9 270 Kg (moyenne économique).
  • IVV de 396 jours.

Etre performant technico-économiquement

Le lait, le GAEC Cap’Lait y croit, à condition d’optimiser la gestion technico-économique de l’exploitation, notamment en minimisant les investissements et en déléguant le travail. C’est pourquoi les associés ont fait le choix d’être en Cuma intégrale. Ayant très peu de matériels en propriété individuelle, le GAEC a ainsi pu diminuer ses charges de mécanisation. “Si nous avons pu développer l’exploitation, c’est grâce à la Cuma d’Elincourt à laquelle nous adhérons depuis 1993”, note Patrick Arpin. Même chose au niveau du parc bâtiments. Le dernier bâtiment, qui a intégré l’exploitation suite à l’arrivée d’un nouvel associé, a été valorisé en aire paillée. Il sera équipé de caillebotis quand la conjoncture sera plus favorable. L’exploitation héberge donc aujourd’hui 140 vaches en logettes caillebotis, 60 en logettes raclées et 80 en aire paillée.

Pour parvenir à améliorer l’efficacité de l’exploitation, Patrick Arpin s’entoure d’interlocuteurs extérieurs compétents avec lesquels il travaille dans un climat de confiance. Via la participation à des groupes de réflexion et la visite d’exploitations, il tient également à comparer sa structure avec d’autres installations. “L’année 2016 a été une année terrible, mais c’est le cas pour tous les collègues”, insiste Patrick Arpin qui fait partie du réseau européen European Dairy Farmer et du groupe “marge” d’Avenir Conseil Elevage.

L’exploitation est composée de 4 sites dispatchés dans un rayon de 30 km.

Optimiser l’organisation du travail

Toutefois, “le grand défi de notre exploitation laitière reste la relation humaine”, poursuit Patrick Arpin. Chacun doit s’épanouir sur la structure, chaque acteur ayant un rôle dans le bon fonctionnement de l’exploitation”. L’organisation du GAEC est pointue : Séverine a en charge la comptabilité et la gestion de la traite (suivi des trayeurs, produits d’hygiène, traitements), Ambre, l’élevage des veaux et des génisses ainsi que le suivi sanitaire du troupeau, Hyacinthe s’occupe du suivi de la reproduction du troupeau et des cultures. Du côté des salariés, Fabien gère le parage des animaux. Quant à Line, elle effectue uniquement la traite. “La traite est réalisée à tour de rôle en binôme par un associé et un salarié, sachant que toute l’équipe est impliquée dans la traite”, développe Patrick Arpin qui, lui, coordonne l’ensemble de l’équipe et insuffle le mouvement. Chacun dispose d’un week-end sur deux (samedi et dimanche) et de 2 semaines de vacances pour les associés (5 pour les salariés).

Adepte du lean management, le chef d’exploitation recherche l’efficacité dans le travail : “faire plus dans le même temps, sans pour autant se compliquer la tâche”. Parce que chaque équipement doit être à sa place, les outils sont affectés à un bâtiment via un code couleur.

Après la traite, l’équipe a pris l’habitude d’échanger autour d’un petit-déjeuner pour faire remonter clairement les informations au collectif, via notamment des tableaux muraux.

Afin d’optimiser davantage l’organisation du travail et pour qu’il y ait une personne en permanence dans l’élevage, Patrick Arpin envisage de créer un agenda électronique commun. “Il est important de s’adapter à son environnement et aux évolutions technologiques”, conclut-il.

L’exploitation héberge aujourd’hui 140 vaches en logettes caillebotis, 60 en logettes raclées et 80 en aire paillée.

Des indicateurs importants dans la gestion d’exploitation

Et quand bien même l’exploitation est toujours en développement, le GAEC Cap’Lait met en place des budgets prévisionnels. “Réaliser une projection avec nos besoins en EBE nous permet de prévoir les budgets et nous aide à mieux négocier, notamment en période de crise”, précise Patrick Arpin.

Pour ce faire, il vérifie mensuellement :

  • Le coût de la ration et le calcul de la production laitière par kg de matière sèche ingérée. Pour avoir la meilleure efficacité alimentaire possible, le GAEC a mis en place deux rations, la ration la plus énergétique étant pour les femelles en début de lactation.
  • Le nombre de gestations : afin d’élaborer un prévisionnel de production le plus fiable possible
  • Le nombre de veaux femelles ainsi que le taux de mortalité : afin de se projeter sur les capacités de renouvellement
  • L’IGL (indice nouvelle contamination cellulaire) afin de maîtriser toute dérive cellulaire

Les stocks fourragers, avec une gestion rigoureuse afin d’anticiper le plus tôt possible.

Reproduction : Viser avant tout un profil de taureaux 

En 2009, en pleine crise laitière, le GAEC décide de se tourner vers l’offre Packs de Gènes Diffusion. “Non seulement, cette offre génomique est compétitive économiquement, mais elle permet également un gain de 5 années en termes de progrès génétique. Avec le pack composé des meilleurs taureaux du moment pour l’objectif de sélection retenu, on a l’avantage de réduire les risques de variation individuelle tout en assurant une fiabilité élevée”, explique Patrick Arpin.

En utilisant des packs qui ciblent un profil de taureaux bien précis, l’éleveur estime répondre aux objectifs de sélection du GAEC, que sont la fonctionnalité, la qualité des membres et des mamelles, tout en maintenant la production.

Chaque année, 2 plans d’accouplement sont réalisés (mai/juin et décembre) suite aux indexations d’avril et de décembre. Le GAEC utilise dans ses accouplements uniquement des taureaux avec un index Facilité de Naissance supérieur à 89 et une production laitière supérieure à 500 kg de lait. “Il n’est pas question de se lever pour un vêlage. Moins on intervient, moins a de problèmes par la suite”, constate l’éleveur qui précise qu’une intervention est toujours plus ou moins invasive.

Depuis 2007, les génisses sont inséminées avec de la semence sexée. L’exploitant dénombre depuis moins de problèmes à la naissance, du fait du gabarit plus réduit des veaux femelles. Quant aux vaches, elles bénéficient d’une carrière plus longue.

Lorsque l’élevage atteindra sa vitesse de croisière en matière de renouvellement, les associés envisagent de génotyper toutes les génisses. Les meilleures pourront ainsi être accouplées avec des taureaux sexés. Quant aux femelles avec un potentiel moindre, elles seront accouplées avec des taureaux de croisement.

Pour l’heure, l’utilisation de l’offre Packs sur vaches couplée à l’emploi de semences sexées sur génisses a un effet positif sur la génétique du troupeau. Les index ISU, STMA, Repro, Lait ont nettement évolués et sont supérieurs à ceux du département (cf tableau dans Repères techniques). Quant à l’IVV qui est de 400 jours, les membres du GAEC espèrent encore le réduire pour optimiser la production laitière par jour de vie, et ce grâce au système de détection de chaleur Heat Box +, les vaches et génisses étant toutes équipées.

Soigner l’élevage des génisses

Pour être éleveur laitier, il faut être un animalier passionné”. Selon le GAEC Cap’Lait, l’élevage des génisses est un des points à soigner :

  • Tous les veaux sont pesés à la naissance. Des lots sont organisés en fonction du poids. Les 1ers jours qui suivent la naissance, 4 litres de colostrum trié et pesé sont administrés via une sonde. Ensuite, le lait est distribué à l’aide d’un taxilait.
  • Après sevrage, jusqu’à l’âge de 10 mois, les génisses se voient distribuer une ration sèche à 18% de protéines (paille, ensilage d’herbe, pulpes, minéral, correcteur)

Dans un souci de rationalisation du travail, les femelles confirmées gestantes sont emmenées soit sur un site situé à 4 km de l’exploitation, soit, à la belle saison, en pâture à 30 km et reviennent en bâtiment environ 6 semaines avant le vêlage.

Repères techniques

Gaec Caplait : Patrick, Séverine, Ambre, Hyacinthe + 2 salariés

Adultes 2016DépartementAdultes 2013
ISU116116100
STMA+0,33+0,30-0,05
REPRO+0,39+0,320
Lait brut92448823
TP30,530,9

Index Membres (jeunes) : +0,57

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