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Affouragement en vert: Riche et équilibré pour le prix d’un ensilage 5

Affouragement en vert: Riche et équilibré pour le prix d’un ensilage

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Pour continuer à valoriser leurs mélanges de ray-grass et de trèfles après la réunion de leurs exploitations, Armel Péchard et Gérard Le Gros de la SCEA de Niziau à Guern, dans le Morbihan, ont opté pour l’affouragement en vert. Ils se sont équipés d’un combiné remorque autochargeuse et faucheuse frontale.

Pour Armel Péchard, quand l’herbe pousse dix mois de l’année comme sur son exploitation du centre Bretagne, il n’y a pas de doute, il faut la valoriser au maximum. «L’herbe en Bretagne, ça vient bien, il n’y a pas de soucis. On a toujours eu de l’herbe même si les quantités peuvent être fluctuantes». En 2010, il s’est associé avec son voisin Gérard Le gros, établi un kilomètre plus loin, pour réunir leurs deux troupeaux dans un même bâtiment de 106 places. Les deux éleveurs ont voulu continuer à exploiter leurs prairies malgré l’éloignement de la moitié des parcelles. Ils ont alors adopté l’affouragement en vert, qu’ils peuvent pratiquer de mars à novembre – début décembre, soit pendant neuf à dix mois de l’année.

 

Moins de travail par rapport au pâturage

«Je vais chercher une remorque de fourrage chaque matin. J’ai besoin de vingt minutes pour le chargement, et de dix minutes pour le déchargement. En comptant cinq minutes par trajet, je passe au maximum quarante-cinq minutes par jour pour affourager en vert. Pour moi, l’affouragement en vert ce n’est pas une astreinte. C’est moins de temps que pour le pâturage qui auparavant représentait au minimum une heure par jour pour amener et ramener les vaches» affirme l’éleveur, «sans compter le temps passé pour l’entretien des clôtures». Avant le déchargement du fourrage, son associé distribue chaque matin une ration complémentaire de maïs et de paille (environ 3 kg MS / vache), ce qui prend moins de vingt minutes par jour. Les concentrés sont distribués au robot de traite.

 

Une meilleure gestion de l’herbe

Au printemps, 17 ha de mélange ray-grass anglais, trèfle incarnat et trèfle blanc sont disponibles pour l’affouragement en vert. «On revient à peu près tous les 23- 24 jours sur les parcelles suivant les conditions météorologiques. On exploite les parcelles comme si on faisait un pâturage tournant». En été, la production d’herbe diminuant, la ration est complémentée pour un tiers avec de l’ensilage d’herbe récoltée au printemps, les surfaces consacrées à l’affouragement restant stables. A l’automne, des prairies de dix-huit mois implantées après les orges d’hiver, fin août – début septembre, sont ajoutées aux surfaces consacrées à l’affouragement, pour atteindre 23 ha récoltés. Ce sont des mélanges de RGH et de plusieurs trèfles violets et blancs qui peuvent-être exploités dès octobre. La part de maïs augmente alors progressivement pour atteindre 12-13 kg MS en fin d’automne. Les jours de pluie, ce n’est pas différent : «On affourage pareil, avec la même quantité de maïs. Si la parcelle ne porte pas, nous changeons de parcelle pour revenir sur la parcelle initiale ensuite». Fort de son expérience du pâturage, Armel Péchard affirme que l’affouragement en vert assure une meilleure gestion de l’herbe en particulier pour les grands troupeaux laitiers. D’une part «en affouragement en vert, on a une qualité d’herbe plus constante dans le temps et donc on a peu de variations de qualité et de quantité au tank». D’autre part, «les parcelles ne sont pas abîmées par le piétinement des vaches».

 

1.5kg de correcteur azoté en moyenne par vache

En plus du gain de temps, l’éleveur relève également les économies réalisées sur la complémentation tout en maintenant une productivité élevée. «On distribue autour de 1,5 à 2 kg de concentrés azotés en moyenne sur le troupeau pendant la période d’affouragement en vert y compris en septembre, octobre et novembre. Globalement sur l’année, pour une production laitière de 9 500 litres par vache, avec un TP à 33 et un TB à 41, nous ne distribuons en moyenne que 2,6 kg de correcteur azoté par vache». Pour Armel Péchard, c’est clair, «ce qu’on donne en vert, c’est du concentré en moins» et donc une meilleure rentabilité pour l’atelier laitier. En contrepartie, pour affourager en vert, il faut investir dans du matériel. L’éleveur n’a pas calculé le coût de revient d’une tonne de matière sèche récoltée avec son autochargeuse. Bretagne Conseil Elevage Ouest (BCELOuest), dans une récente étude, estime ce coût à 55-60 € par tonne de matière sèche (hors main-d’oeuvre,coût d’implantation de la prairie et fermage) dans le cas d’une exploitation telle que la SCEA de Niziau. c’est un coût proche de celui du maïs ensilage ou de l’ensilage d’herbe, pour un fourrage plus riche et plus équilibré. Le coût diminue avec l’augmentation de la taille du troupeau et la durée de l’affouragement en vert. De plus, pour la SCEA de Niziau, l’achat de la remorque autochargeuse est également amorti avec la récolte de 40 ha d’ensilage d’herbe avec cette même machine.

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