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A l’Earl du Tail, zéro veau perdu grâce au souci du moindre détail

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Aucune perte, quelques problèmes de santé soignés avec des méthodes alternatives et un GMQ de 806 grammes : ce sont les résultats obtenus dans l’élevage des veaux de l’EARL du Tail ces deux dernières années.

« En 2013, notre reconversion professionnelle était un projet de vie de couple. Nous aimons l’agriculture et ce métier nous apporte un confort de vie familiale. En vivant sur notre lieu de travail, nous pouvons profiter plus pleinement de nos enfants que lorsque nous étions salariés »  explique Amandine Maillet lorsqu’elle est interrogée sur ce qui l’a motivée à s’installer, hors cadre familial, dans une exploitation laitière à Chemillé Melay dans le Maine et Loire. Avec son mari Julien, ils élèvent 80 vaches laitières pour livrer 650 000 litres de lait conventionnel. Un poulailler label de 400 m2 ainsi que soixante hectares de culture complètent le système de production. « Le montant des investissements nous impose d’être rigoureux dans le suivi technique : nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des animaux » insiste Julien Maillet. « Nous ne pouvons pas non plus perdre trop de temps à soigner des animaux malades car, il nous faut être productifs » poursuit l’éleveur. « Par conviction, nous n’aimons pas traiter les animaux aux antibiotiques » ajoute sa femme. Autant de raisons qui poussent les deux éleveurs à investir du temps dans l’observation des animaux et dans une conduite d’élevage rigoureuse.

Des veaux aux petits oignons.

« Les trois premiers mois d’élevage sont déterminants pour la carrière des vaches » affirme avec conviction Amandine Maillet. « Des veaux qui doublent leur poids de naissance au sevrage, qui ont connu peu de problèmes de santé ont toutes les chances de donner des vaches productives et résistantes ensuite. »

Après le vêlage, le nombril est désinfecté avec une préparation à base de plantes (1). « Nous laissons le veau tranquille avec sa mère pendant 24 heures dans le box de vêlage » commence l’éleveuse pour décrire la conduite d’élevage des veaux. Pendant cette période, les éleveurs surveillent si les veaux ont bu suffisamment en mesurant leur température. « Selon notre vétérinaire, un veau qui n’a pas bu n’a pas assez d’énergie pour se réchauffer et leur température peut descendre en-dessous de 38,7 °C. C’est pourquoi, nous prenons systématiquement la température des veaux dans les heures qui suivent le vêlage. Nous avons une banque de colostrum au congélateur pour les veaux dont la mère ne s’occupe pas » explique Amandine Maillet. Les veaux sont logés dans des niches à l’extérieur, au moins jusqu’au sevrage, pour éviter les transmissions de pathogènes d’un animal à l’autre. Après chaque sortie d’animaux, le sol en terre battue est gratté et chaulé pour être désinfecté. Les éleveurs projettent de bétonner le sol pour faciliter le nettoyage et la désinfection.

Les veaux sont logés dans des niches à l’extérieur, au moins jusqu’au sevrage, pour éviter les transmissions de pathogènes d’un animal à l’autre. Ceux de moins de huit jours portent un manteau pour les aider à supporter les températures hivernales.

Plan d’alimentation simple

Les veaux sont nourris à l’aliment d’allaitement pour deux raisons essentielles selon Amandine Maillet. « D’abord, avec une traite au robot, c’est difficile de collecter du lait de mélange à la bonne température. Ensuite, avec 42 grammes par litre de TB, notre lait est difficile à digérer pour les veaux ». Les éleveurs ont choisi l’aliment Star’TOP® de Lactalis Feed distribué dans la région par la société ANTIER. Avant d’opter pour cette marque, ils en utilisaient un autre dont la composition variait en fonction du cours des matières premières pour maintenir un prix régulier tout au long de l’année. « L’odeur et la qualité de la dilution changeaient avec la composition. A dix jours, nous observions des diarrhées alimentaires » explique Amandine Maillet. « C’est pourquoi, nous avons changé de fournisseur pour avoir un aliment de composition stable dans le temps et très riche en poudre de lait ».

Les buvées sont préparées minutieusement avec un thermomètre pour vérifier la température de distribution du mélange (entre 38 et 40 °C) et un minuteur pour respecter un temps de mélange de deux minutes. La concentration de l’aliment d’allaitement est toujours la même (130 g par litre d’eau) jusqu’au sevrage. « En ne changeant que les quantités distribuées, le risque de se tromper dans la distribution des buvées est faible » argumente Amandine Maillet. Les veaux sont nourris deux fois par jour pendant les neuf premières semaines. Ils passent à un seul repas quotidien uniquement pendant leur dixième et dernière semaine de sevrage (voir le plan de distribution de l’aliment d’allaitement dans le tableau 1).  « Pour moi, avec un seul repas par jour, le temps est trop long entre deux repas et les veaux n’ont pas assez d’énergie pour lutter contre le froid pendant la nuit en hiver » avance l’éleveuse pour expliquer pourquoi elle préfère maintenir deux distributions quotidiennes. « D’ailleurs, en dixième semaine, je distribue l’unique buvée le soir pour que les veaux aient suffisamment d’énergie pour passer la nuit » poursuit-elle. « Avec une seule buvée quotidienne, il est nécessaire de distribuer un concentré premier âge très appétant et qui peut être effectivement consommé rapidement en quantité suffisante » avertit Patrick Branger, le technicien Lactalis Feed de la zone.

Zéro mortalité

« En 2017, nous avons adhéré au référentiel élevage des génisses de Lactalis Feed (2) car nous n’avions aucune idée de la croissance de nos veaux » explique Amandine Maillet. Les données mesurées en 2018 montrent que les trente femelles sevrées ont plus que doublé leur poids au sevrage (à 71 jours) avec un gain moyen quotidien (GMQ) de 806 g par jour pour un coût alimentaire de 129 € par veau.  « Le coût alimentaire n’est pas un critère auquel nous faisons attention car, pour assurer une forte croissance des veaux jusu’au sevrage, j’estime qu’il faut savoir investir dans des aliments de qualité » précise Julien Maillet. Fait remarquable,l’élevage n’a perdu aucun veau ces deux dernières années et les quelques problèmes de santé ont été soignés rapidement avec de l’aromathérapie : vinaigre de cidre et huiles essentielles.

Amandine Maillet passe une heure le matin et une demi-heure le soir au soin de ses veaux de 0 à 6 mois auquel s’ajoute du temps de surveillance lors des passages de grippe ou de diarrhées. « En consacrant un peu de temps à la surveillance des veaux, en se souciant du moindre détail pendant leurs deux premiers mois de vie, j’augmente les chances que la future vache aie une belle carrière » conclue l’éleveuse.

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