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120 vaches au pâturage traites au robot

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Au printemps, les vaches du Gaec des Forges, en Côte d’Or, passent leurs journées au pâturage pour répondre au cahier des charges Epoisses AOP tout en étant traites avec deux robots VMS DeLaval. La distribution automatisée du complément de ration et le contrôle de la circulation des vaches à l’intérieur du bâtiment stimulent la fréquentation aux robots pendant cette période.

Vincent Colas et Brice Minot, deux des cinq associés du Gaec des Forges à Cussey les Forges (21) préviennent tout de suite : « ici, le lait est transformé en AOP Epoisses avec de vraies contraintes pour le système fourrager ». La ration des laitières doit-être composée pour la moitié d’herbe fraîche (pâturage ou affouragement en vert) entre le début avril et la mi-juin. Les vaches pâturent de 8 heures à 20 heures au printemps et pendant la nuit en été. 28 ha de prairies sont disponibles autour du bâtiment à une distance maximale de 900 mètres. Il faut souligner qu’en contrepartie des contraintes du cahier des charges, les 1.2 millions de litres produits ont été payés 429 € des 1000 litres en 2015 : 353 € de prix de base auxquels s’ajoutent 76 € d’incidence qualité. Cette année, le prix de base est proche de 325 € des 1000 litres ce qui reste enviable pour beaucoup de producteurs.

Choix de la traite robotisée

Il a bien fallu tenir compte du pâturage lorsque le Gaec a construit son nouveau bâtiment suite à l’intégration de trois nouveaux associés entre 2003 et 2009. En passant de 70 à 120 vaches, l’ancienne stabulation est devenue surchargée et il fallait 3 heures à 2 pour traire dans la salle de traite 2 X 8. « La traite et le soin des animaux étaient rarement finis avant midi » se souviennent les éleveurs. A partir de 2009, les éleveurs ont mûrement réfléchi leur projet et, en 2012, un nouveau bâtiment est sorti de terre. Pour les équipements intérieurs, les éleveurs avaient pour objectifs:

  1. Augmenter la productivité du travail en intégrant les futurs départs à la retraite de Guy et Éric Minot respectivement le père et l’oncle de Brice.
  2. Être simples à utiliser y compris par les associés travaillant sur l’élevage laitier uniquement le week-end (1).
  3. Préserver le pâturage au printemps.

L’élevage a été robotisé avec deux robots de traite VMS® DeLaval, un wagon Optimat® de distribution de la ration et un automate DeLaval RS 420® de raclage des caillebotis. « On ne se voyait pas traire un grand troupeau avec des cadences infernales dans un roto. Plusieurs visites dont un voyage en Suède et un autre en Hollande dans un élevage entièrement robotisé (traite et alimentation) organisées par Janick Lesserteur, notre concessionnaire DeLaval (2), nous ont confortés dans notre choix du robot de traite » justifie Brice Minot. L’élevage a investi 1,38 millions d’€, frais financiers inclus, dans le bâtiment et ses équipements. Cet investissement pèsera autour de 100 € des 1000 litres dans les coûts de production jusqu’en 2019 puis de 65 à 55 € jusqu’en 2023 et enfin 25 € jusqu’en 2030. En 2015, il a représenté 20 % du produit bovin lait égal à 531 € des 1000 litres en tenant compte des ventes d’animaux (les charges d’alimentation et d’élevage représentaient 30% du produit à 163 € des 1000 litres).

Le bâtiment construit en 2012 fait 54 m de long sur 38 m de large. 6 rangées de logettes avec 2 couloirs de distribution. Couloirs et aire d’attente des robots de traite sur caillebotis raclés avec un automate DeLaval RS420. Des rideaux de ventilation à double ouvertures (de haut en bas et de bas en haut), des hauts de pignon ajourés ainsi qu’une faîtière à ouverture réglable assurent une bonne protection l’hiver et une bonne ventilation l’été quand la température peut monter jusqu’à 40 degrés.

Stimuler la circulation des vaches 

Au printemps, le nombre de vaches traites descend autour de 120 pour remonter autour des 150 en été. Cette évolution permet de bénéficier de la prime de 75 € des 1000 litres attribuée par leur laiterie du 01 juillet au 31 octobre si l’élevage produit au moins 24% de son lait pendant cette période. Pendant le pâturage, la circulation des 120 vaches est stimulée par une distribution fréquente de la ration grâce au wagon de distribution Optimat® et est contrôlée par des portes intelligentes pour diriger les vaches vers les robots de traite. Au Gaec des Forges, le wagon d’alimentation Optimat® distribue la ration mais ne la prépare pas. « Pour nous, l’objectif de la distribution automatisée, c’est plus de faire circuler les vaches et donc d’augmenter la fréquentation des robots. Au printemps, elles reviennent plus fréquemment dans le bâtiment et l’hiver, elles sont réparties de façon homogène dans tout le bâtiment ».

La ration est préparée quotidiennement dans une remorque mélangeuse puis vidée dans la table de stockage qui alimente la trémie du wagon. Le robot distribue toutes les heures en journée et toutes les deux heures la nuit. La circulation du troupeau ainsi stimulée est optimisée par deux portes intelligentes en sortie d’aire  d’attente. Par conséquent, lors dela période de pâturage, les vaches ne peuvent sortir que si elles ont été traites il y a moins de 5 heures. Au printemps, les vaches sont traites 2,4 fois par jour en moyenne. « Certes, quand on les change de paddock, les vaches reviennent moins dans la stabulation mais sinon, la distribution de l’alimentation les motivent à revenir. On ne les prive surtout pas d’eau dans les pâtures ! A 20 heures, on va toutes les chercher pour qu’elles repassent dans l’aire d’attente du robot » commentent Vincent Colas et Brice Minot. La circulation contrôlée et la distribution de la ration au wagon d’alimentation facilitent également la fréquentation des robots en hiver. A cette période, autour de 150 vaches sont traites quotidiennement et les robots ne sont libres que 10 minutes par jour ! Les éleveurs poussent au robot le matin et le soir les vaches qui n’ont pas été traites depuis au moins 12 heures. Une place a été prévue pour accueillir un troisième robot pour réduire le temps consacré à cette tâche lorsque l’un des associés, Guy Minot, partira prochainement à la retraite.

La ration hivernale des vaches du Gaec des Forges
AlimentsQté MS (kg) / VLPrix des aliments (€/t)
Ensilage maïs6,6035,00
Ensilage avoine / pois 20152,3019,00
Foin de graminée0,9063,75
Foin de trèfle0,5070,00
Enrubannage de trèfle1,7050,00
Enrubannage de luzerne0,9050,00
Paille de blé0,4033,44
Orge1,00150,00
Tourteaux de colza1,20232,00
Minéral 12.20.60,09934,00
Sel0,04175,00
Magnésie0,02660,00
Litothame0,06185,00
Concentré VL Mélange maison (Au robot)2,00236,00
Mélange de tourteaux (Au robot)1,10418,00
Total kg MS / VL18,80
Production laitière / VL29 kg
Coût en € / 1000 litres de lait99,00

Gaec des Forges à Cussey Les Forges (département 21)

  • 5 associés et 1 salarié dont 3 UTH lait.
  • 165 vaches de race Montbéliarde pour
  • 2 millions de droit à produire.
  • 8161 kg / VL (moyenne CL 2015) à 40,12 g / litre de TB et 34,59 g/l de TB.
  • Intervalle vêlage – Insémination fécondante (VIF) = 117 jours.
  • Traite au robot : 2 stalles VMS DeLaval.
  • Lait transformé en Époisses AOP.
  • Autres ateliers : engraissement de 60 taurillons ; 250 ha de céréales ; activité d’ETA.
  • 450 ha de SAU.
(1) Chacun des associés du Gaec prend un week-end sur deux. Ils s’organisent alors en équipe de trois avec l’un des éleveurs responsable au quotidien de l’atelier laitier, Brice Minot ou Vincent Colas.
(2) Janick Lesserteur est concessionnaire DeLaval à Neuilly L’Evêque (département 52).
Automate de raclage des Caillebotis DeLaval RS420
: La ration des laitières est préparée quotidiennement dans une remorque mélangeuse puis vidée dans la table de stockage qui alimente la trémie du wagon Optimat®
Le wagon Optimat ® alimentent les vaches toutes les heures la journée et toutes les deux heures la nuit.
Vincent Colas et Brice Minot (de gauche à droite), deux des associés du Gaec des Forges en charge de l’élevage des laitières.

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